Brésil : les plus belles plages, laquelle choisir selon votre voyage
Le Brésil compte plus de 7000 kilomètres de côtes, et poser la question des « plus belles plages » revient presque à demander laquelle est la meilleure entre une dune du Nordeste balayée par le vent, un archipel protégé au large de l’Atlantique et une île du Sud connue pour son surf. Elles n’ont rien en commun, si ce n’est d’être exceptionnelles chacune à leur manière.
Plutôt que de dresser une liste générique qui finirait par ne rien dire de spécifique, ce guide fonctionne comme un aiguillage : il présente les trois grandes destinations plage du pays et renvoie vers un guide complet pour chacune, pour que vous choisissiez selon ce que vous cherchez vraiment plutôt que selon un classement abstrait.
1. Baía do Sancho, Fernando de Noronha
Il fallait bien commencer par elle. Praia do Sancho a été élue plusieurs années de suite plus belle plage du monde par différents classements internationaux, et pour une fois le consensus n’est pas usurpé. On y accède par un escalier étroit taillé entre deux parois rocheuses, presque une fissure dans la falaise, avant de déboucher sur une eau si transparente qu’on distingue les tortues depuis le sable.
Ce qui ne figure pas sur les photos : l’accès à l’archipel est limité par des quotas, une taxe environnementale journalière s’ajoute au séjour, et les hébergements se réservent des mois à l’avance en haute saison. Fernando de Noronha reste une destination qui se mérite, pas une plage qu’on ajoute en option à un circuit Nordeste sans réfléchir au budget ni au calendrier.
Juste à côté, la Baía dos Porcos complète la visite avec un décor plus minéral, des rochers volcaniques et des piscines naturelles idéales pour le snorkeling. La plupart des voyageurs enchaînent les deux dans la même journée.

2. Praia de Jeribucaçu, Itacaré
Sur la côte sud de Bahia, la forêt atlantique descend littéralement jusqu’au sable. Pour atteindre Jeribucaçu, il faut marcher une vingtaine de minutes depuis la route à travers la végétation tropicale, ce qui filtre déjà une bonne partie de l’affluence. Le résultat : une plage aux vagues franches, au sable doré, encadrée par une jungle dense qui donne l’impression d’être arrivé quelque part que peu de gens connaissent.
C’est une plage de surfeurs et d’amateurs de nature brute plutôt que de farniente tranquille, la mer y est puissante. Pour ceux que le surf intéresse au-delà de cette seule plage, Itacaré offre plusieurs autres spots dans un rayon de quelques kilomètres.

3. Lopes Mendes, Ilha Grande
Régulièrement citée parmi les plus belles plages du Sud-Est brésilien, Lopes Mendes se mérite elle aussi : accessible uniquement à pied depuis Abraão (environ deux heures de marche) ou par bateau, sur une île sans voiture au large de la Costa Verde entre Rio et São Paulo. Le sable y est d’une blancheur presque irréelle, la houle suffisamment régulière pour attirer les surfeurs sans effrayer les familles.
La contrepartie : Ilha Grande manque encore d’hébergements de charme comparés à d’autres destinations du littoral, ce qui limite les options pour un séjour long sans compromis sur le confort. Pour une excursion à la journée depuis Rio en revanche, difficile de faire mieux.

4. Jericoacoara et la Lagoa do Paraíso
Il faut être honnête sur celle-ci. Jericoacoara reste une destination magnifique, mais elle a payé le prix de son succès : la grande dune historique du village, celle qu’on voit sur toutes les vieilles photos, a largement disparu, rongée par le vent et par des décennies de passage. La Lagoa do Paraíso, ce lagon turquoise avec ses hamacs suspendus dans l’eau, devient une fourmilière en haute saison.
Ceci dit, y aller tôt le matin ou en dehors des mois de pointe (juillet-janvier pour le kitesurf, décembre-février pour les vacances brésiliennes) change complètement l’expérience. Le village garde son âme de bout du monde une fois la foule dissipée, et les spots de vent autour restent parmi les meilleurs du monde pour le kitesurf.

5. Boipeba et Praia do Espelho, Bahia
Deux options pour ceux qui cherchent la Bahia sans les foules de Salvador ou de Porto Seguro. Boipeba est probablement la plage la plus sauvage du pays : aucun véhicule motorisé n’y circule, seulement la nature et les marées, sur une île accessible en bateau depuis le continent.
Praia do Espelho, plus au sud, tire son nom de sa baie en demi-lune dont l’eau, à marée basse, reflète littéralement le ciel comme un miroir. Moins connue que les grands noms du littoral bahianais, elle offre une tranquillité qui devient rare sur cette portion de côte.

6. Ipanema, Rio de Janeiro
La question revient tout le temps : Ipanema ou Copacabana ? La réponse est sans appel. Ipanema l’emporte largement, portée par la vue sur les Dois Irmãos (les deux montagnes qui encadrent la baie), une eau plus propre, et une ambiance de quartier qui mélange surfeurs, familles et scène locale sans le tumulte permanent de sa voisine plus célèbre.
Copacabana garde son statut d’icône mondiale, mais entre les deux, les habitants de Rio eux-mêmes tranchent presque toujours en faveur d’Ipanema. Le meilleur moment pour comprendre pourquoi : le coucher de soleil depuis l’Arpoador, le promontoire rocheux qui sépare les deux plages.

7. Canoa Quebrada, Morro Branco et Ponta Grossa
Le sud du Ceará compose un des paysages côtiers les plus étranges du Brésil : des falaises de grès rouge sculptées par l’érosion, des canyons de sable coloré à Morro Branco, et à Canoa Quebrada un village qui a conservé une atmosphère bohème malgré son statut d’ancienne destination hippie devenue mainstream.
Ponta Grossa, plus reculée, se découvre idéalement en buggy, avec un décor presque lunaire qui contraste avec le bleu de l’Atlantique. Y aller en semaine plutôt que le week-end fait une vraie différence sur l’affluence locale.

8. Praia do Amor, Pipa
Au sud de Natal, la région de Pipa regroupe plusieurs plages qui justifient à elles seules une étape dans un circuit Nordeste. Praia do Amor, la plus connue, doit sa réputation à ses falaises spectaculaires et à ses vagues qui en font un spot de surf apprécié, dans une ambiance nettement plus festive que la moyenne des plages brésiliennes.
Non loin, Tibau do Sul niche ses eaux calmes entre mer et lagune pour ceux qui cherchent une version plus paisible du même littoral. Pipa reste une des rares régions où on trouve un vrai choix de pousadas de charme à prix raisonnable, une denrée plus rare qu’on ne le pense sur la côte brésilienne.

9. Guajiru et Flexeiras
Moins connues que Jericoacoara, ces deux plages du Ceará sont ce qu’on pourrait appeler le Jeri d’avant le succès touristique : peu fréquentées, une mer propice à la baignade, un littoral encore largement préservé. Guajiru compte à peine quelques pousadas, ce qui en fait une base parfaite pour ceux qui veulent le meilleur du kitesurf nordestin sans la foule des spots plus médiatisés.

10. Barra da Lagoa et Joaquina, Florianópolis
Sur l’île de Florianópolis, dans le sud tempéré du pays, le décor change complètement : moins tropical, plus vert, avec un climat qui suit des saisons nettement plus marquées que dans le Nordeste. Barra da Lagoa conserve une ambiance de village de pêcheurs, prisée des familles et des surfeurs débutants. Joaquina, plus exposée, accueille des compétitions internationales et attire une clientèle nettement plus sportive.
L’île compte 42 plages recensées, ce qui en fait presque une destination à part entière plutôt qu’un simple arrêt plage dans un circuit brésilien classique.

11. Praia do Rosa, Santa Catarina
Encore plus au sud, Praia do Rosa mérite sa réputation pour deux raisons qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre : ses vagues, qui en font un spot de surf reconnu au niveau national, et l’observation des baleines franches australes qui viennent mettre bas dans la baie voisine entre juillet et novembre. Peu de plages au monde combinent aussi naturellement le surf et l’observation de cétacés à quelques encablures l’un de l’autre.

12. Praia do Forte, Bahia
À une heure au nord de Salvador, Praia do Forte doit sa réputation à ses eaux protégées par des récifs, idéales pour le snorkeling en famille, avec des tortues marines qu’on croise régulièrement dans les piscines naturelles à marée basse. Le village, plus organisé et plus touristique que Boipeba ou Itacaré, offre en contrepartie une infrastructure plus confortable pour ceux qui voyagent avec des enfants.

Comment choisir selon votre voyage
Un point qui compte plus que le classement lui-même : la géographie du Brésil rend presque impossible de combiner plusieurs de ces plages dans un même voyage sans y consacrer un temps considérable. Fernando de Noronha, Jericoacoara et Pipa relèvent du Nordeste. Itacaré, Boipeba et Praia do Forte appartiennent à Bahia. Ipanema et Ilha Grande gravitent autour de Rio. Florianópolis et Praia do Rosa se trouvent dans le Sud, à des milliers de kilomètres des précédentes.
Construire son itinéraire autour d’une seule de ces zones, plutôt que d’essayer de cocher plusieurs entrées de ce classement dans un même circuit, reste la meilleure façon d’en profiter sans passer son voyage dans les aéroports.
L’avis des Voyageries
Ce classement change forcément d’une personne à l’autre, et c’est très bien ainsi. Ce qu’on peut affirmer avec certitude : les plages qui demandent un effort pour y accéder (marche, bateau, absence de route) sont systématiquement celles qui restent le plus longtemps en mémoire. Lopes Mendes, Jeribucaçu, Boipeba, la Baía do Sancho, aucune ne se trouve à cent mètres d’un parking.
L’autre constat, plus provocateur : la plage la plus célèbre du Brésil, Copacabana, ne fait pas partie de ce classement. Ce n’est pas un oubli.
→ Comparatif des spots de Jericoacoara, Cumbuco et Taíba
→ Accès et budget de Fernando de Noronha.
→ Rio et ses plages urbaines méritent leur propre exploration.
