Que faire à Bohol ? Entre Chocolate Hills, tarsiers et plages
Bohol ne ressemble à aucune autre île des Philippines. Pas de lagons karstiques comme à El Nido, pas de surf légendaire comme à Siargao. Ce que Bohol a, c’est autre chose : plus étrange, plus varié, plus difficile à mettre dans une seule image.
1 268 collines en cônes parfaits au centre de l’île, couvertes d’une herbe qui brunit en saison sèche jusqu’à ressembler à une boîte de chocolats vue du ciel. Les plus petits primates du monde dans une forêt protégée. Des fonds marins parmi les plus riches des Visayas à Balicasag. Des plages de sable blanc à Panglao. Et quelque part entre tout ça, une île qui donne l’impression d’avoir plusieurs personnalités – géologique, marine, nature, balnéaire – et qui réussit à toutes les tenir en même temps.
En 2023, Bohol a été reconnu comme le premier Géoparc mondial de l’UNESCO aux Philippines. C’est la confirmation officielle de ce que les voyageurs savaient déjà : cette île est singulière.
Vous verrez dans cet article beaucoup de prix en PHP, c’est normal, c’est la monnaie officielle des Philippines ! En mai 2026, 1 € équivalait à 60 PHP, 100 PHP environ 1,4€
Bohol et Panglao : deux îles, une destination
C’est la première chose à comprendre pour ne pas se perdre dans la logistique.
Bohol est la grande île. C’est là que se trouvent les Chocolate Hills, les tarsiers, la rivière Loboc, les cascades, la Man-Made Forest. C’est l’intérieur de l’île : la nature, l’histoire, le bizarre.
Panglao est une petite île reliée à Bohol par un pont, à 30 minutes de Tagbilaran (la capitale de Bohol). C’est là que se concentrent les plages, les hébergements, les resorts et les centres de plongée. Alona Beach est le cœur touristique de Panglao : animé, pratique, et suffisamment petit pour tout faire à pied ou en tricycle.
En pratique : on loge à Panglao et on explore Bohol en excursions d’une journée. L’aéroport international de Bohol-Panglao (TAG) est sur l’île de Panglao ; pratique pour arriver directement sans passer par Tagbilaran.
Comment se rendre à Bohol ?
Depuis Cebu : le ferry fast craft est l’option la plus courante. Il relie le port de Cebu au port de Tagbilaran en 2 heures. Plusieurs départs par jour, tarif 600 à 800 PHP (10-13 €). OceanJet est la compagnie la plus fiable. À partir du port de Tagbilaran, 30 minutes de tricycle ou van pour rejoindre Panglao.
Depuis Manille : vol direct vers Bohol-Panglao (TAG) en 1h15. Cebu Pacific et PAL desservent la route. C’est l’option la plus rapide si Bohol est votre première destination de l’itinéraire.
Depuis Siquijor : ferry depuis Larena vers Tagbilaran, via OceanJet. Idéal si Siquijor précède Bohol dans votre circuit Visayas.
Comment se déplacer sur place à Bohol ?
Plusieurs départs/jour
Port de Tagbilaran
Aéroport TAG sur Panglao
Arrivée directe sans transit
OceanJet · ~2h
Si Siquijor précède Bohol
Le scooter est la meilleure façon d’explorer Panglao en autonomie. Location à Panglao ou Tagbilaran : 400 à 500 PHP/jour. Pour la grande boucle des Chocolate Hills (Carmen, 1h30 de Panglao), le scooter convient si vous êtes à l’aise avec de la distance.
Le chauffeur privé pour la journée est l’option la plus confortable pour la boucle Chocolate Hills + tarsiers + Loboc River. Compter 2 000 à 3 500 PHP la journée (33-58 €). Souvent organisable depuis son hébergement la veille.
Les tours collectifs depuis Panglao couvrent les incontournables pour 1 500 à 2 000 PHP par personne. Pratique, sans effort logistique.
Le tricycle pour les trajets courts sur Panglao ; 50 à 100 PHP.
Les Chocolate Hills : la géologie qui nourrit les légendes
Elles sont réelles. Exactement comme sur les photos. Et quand on les voit pour la première fois depuis le belvédère de Carmen – une mer de collines coniques parfaitement régulières qui s’étend à perte de vue – on se demande comment la nature a pu être aussi méthodique.
1 268 collines (certains comptent jusqu’à 1 776), toutes de la même forme, toutes couvertes d’une herbe qui brunit en saison sèche de mars à mai. Leur origine géologique probable : d’anciens dépôts coralliens soulevés et érodés sur des millions d’années. L’explication populaire : les larmes d’un géant amoureux. Les deux cohabitent sans se contredire vraiment.
Le site classé UNESCO est dans la municipalité de Carmen, à environ 1h30 de Panglao. On monte une centaine de marches pour atteindre la plateforme d’observation. La vue est exactement ce qu’elle doit être.
L’heure idéale : tôt le matin ; le site ouvre vers 6h. La lumière rasante du matin accentue les reliefs, la brume dans les vallées donne de la profondeur, et on est souvent presque seul. En milieu de journée, les cars de groupes arrivent et la magie se dilue.
Ce qu’il faut éviter : certains tours proposent le belvédère de Sagbayan, moins connu. Les vues y sont moins spectaculaires ; le belvédère principal de Carmen reste le meilleur point de vue.
Ce qu’on ne vous dit pas souvent : en saison des pluies, les collines sont d’un vert vif et spectaculaire. Différent du brun chocolat de la saison sèche, mais certains trouvent ce vert encore plus beau. Les deux saisons offrent une expérience valable.
Entrée : environ 100 PHP.

Les tarsiers : voir sans déranger
Le tarsier est à Bohol ce que le panda est à la Chine. Il est sur tous les t-shirts, tous les souvenirs, toutes les brochures. Et comme souvent avec les animaux emblématiques du tourisme, la façon dont on les voit fait toute la différence entre une expérience enrichissante et une chose qu’on regrette d’avoir faite.
Le tarsier est un minuscule primate : 160 mm de long, 160 grammes. Il peut sauter 5 mètres, ses yeux sont fixes et il peut pivoter la tête à 180°. C’est un animal nocturne, extrêmement sensible au bruit, à la lumière et au contact humain. Si stressé ou effrayé, il peut se blesser lui-même jusqu’à la mort.
Le bon sanctuaire : le Philippine Tarsier Sanctuary de Corella, géré par la Philippine Tarsier Foundation, à environ 45 minutes de Panglao. Les visites se font en petits groupes de 8 personnes maximum, avec un guide, après un briefing sur les règles. Pas de flash, pas de bruit, pas de contact. Les tarsiers sont observés dans leur habitat naturel et non dans des cages. C’est la seule façon éthique de les voir.
Ce qu’il faut éviter : les sanctuaires non officiels qui gardent des tarsiers en cage ou sur des branches pour les photos. Ils existent, ils sont nombreux, et ils fonctionnent parce que les touristes ne font pas la différence. La présence de cages ou l’autorisation de toucher l’animal sont des signaux d’alarme immédiats.
La visite : environ 15-20 minutes avec le guide dans la forêt. Courte mais intense. On en repart avec quelque chose de difficile à décrire : ces créatures sont si petites et si étranges qu’elles semblent appartenir à un autre récit du vivant.
Entrée : 150 PHP par adulte.

La Man-Made Forest et la rivière Loboc
La Man-Made Forest
Sur la route entre Tagbilaran et les Chocolate Hills, on traverse une portion de forêt de mahoganys plantés à la main ; des arbres droits et réguliers qui forment une voûte verte dense sur la route. Ce n’est pas naturel au sens strict – c’est un projet de reboisement – mais l’effet visuel est saisissant. Une des plus belles routes de Bohol. S’arrêter 15 minutes pour marcher entre les arbres vaut le coup.
La rivière Loboc : à faire sans le déjeuner-croisière
La rivière Loboc est encaissée dans une jungle dense et luxuriante. L’eau est d’un vert profond, les berges sont envahies de végétation, et l’ambiance est celle d’un décor de film d’aventure.
Le déjeuner-croisière : un bateau qui remonte la rivière pendant qu’on mange avec des musiciens locaux; est l’activité proposée par tous les tours. C’est touristique, c’est convenu, et l’expérience laisse rarement un souvenir fort.
L’alternative recommandée : louer un kayak ou un paddleboard tôt le matin et remonter la rivière seul. Le calme, les oiseaux, la lumière filtrée par la jungle ; c’est une tout autre expérience. Certains hébergements proches de la rivière organisent ces sorties.

Panglao : les plages et la mer
Les plages
Alona Beach est la plage principale de Panglao, et la plus fréquentée. Sable blanc, eau accessible, centres de plongée, restaurants en bord de mer. C’est vivant, un peu bruyant, et pratique comme base. Pour se baigner tranquillement, s’y rendre tôt le matin ou en fin d’après-midi quand l’animation se calme.
Dumaluan Beach est plus large et plus calme qu’Alona. Le complexe hôtelier qui la borde fait payer un droit d’accès à la plage (500 PHP environ, piscine incluse à 800 PHP) depuis 2024, à vérifier avant.
Doljo Beach et Momo Beach sont les plages du nord de Panglao, moins fréquentées, avec une ambiance plus locale. Accessibles en scooter en 15-20 minutes depuis Alona.
Danao Beach et la côte est de Panglao : pour ceux qui veulent vraiment s’éloigner des zones touristiques ; des plages peu connues avec peu ou pas d’infrastructure. À explorer en scooter.

Balicasag Island : le meilleur snorkeling des Visayas
Balicasag est une petite île ronde à 45 minutes de bangka depuis Panglao. C’est une réserve marine protégée depuis 1985 : le nombre de plongeurs par jour y est limité. La densité de vie marine est exceptionnelle : des nuages de carangues, des tortues marines partout, des coraux en excellent état.
Le snorkeling depuis le bord de l’île est suffisant pour voir les tortues ; pas besoin de plonger. Les plongeurs auront droit aux sites plus profonds (Black Forest, Diver’s Heaven) avec des murs coralliens verticaux couverts de gorgones.
Le conseil honnête sur les tours : les excursions Balicasag organisées depuis Alona Beach peuvent être bondées ; plusieurs bateaux au même moment, guides qui poussent les touristes à chasser les tortues, coraux piétinés. Les meilleurs opérateurs partent tôt le matin (avant 7h30), maintiennent une distance respectueuse avec les animaux, et limitent le nombre de personnes par site.

Virgin Island, souvent incluse dans les tours Balicasag, a été fermée temporairement en 2024 suite aux dégâts causés par le sur-tourisme. Vérifier son statut avant de réserver.
L’alternative Pamilacan Island : moins fréquentée que Balicasag, tout aussi belle sous l’eau. Baleines et dauphins observés régulièrement au large. Les tours partent tôt le matin depuis Baclayon. Une des meilleures expériences de Bohol selon ceux qui ont fait les deux.
La plongée autour de Panglao
Panglao est un hub de plongée des Visayas : beaucoup de voyageurs viennent spécifiquement pour plonger. Les sites locaux (Napaling, Arco Point, Cathedral) sont accessibles en 15-20 minutes de bangka. Moins spectaculaires que Balicasag mais bien fournis en vie marine et parfaits pour les plongeurs qui veulent faire plusieurs plongées par jour sans longue navigation.
Les centres de plongée sont concentrés sur Alona Beach. Compter 1 500 à 2 500 PHP par plongée équipement inclus.
Les cascades et l’est de l’île : pour ceux qui ont plus de temps
L’est de Bohol (région d’Anda, Candijay) est bien moins visité que l’axe Panglao-Carmen. C’est là que se trouvent certaines des plus belles choses de l’île, mais ça demande une journée entière et un véhicule.
Cascades de Pahangog (Twin Falls) : deux chutes d’eau qui tombent en parallèle dans un bassin naturel entouré de jungle. La marche depuis la route prend 20 minutes. L’eau est froide et délicieuse après une journée de route. Peu de monde en semaine.

Les grottes de Cabagnow (Anda) : des sources naturelles souterraines alimentent des grottes accessibles en nageant. L’eau est cristalline et l’expérience est bizarre dans le bon sens.
Anda Beach : une plage de sable blanc sur la côte est, presque déserte, sans infrastructure touristique. Pour ceux qui cherchent quelque chose de vraiment hors des circuits classiques.
Où dormir à Bohol ?
La majorité des voyageurs logent à Panglao, autour d’Alona Beach. C’est là que se concentrent les options pour tous les budgets : dortoirs, guesthouses, boutique resorts.
Budget (500-1 500 PHP/nuit) : guesthouses à Alona Beach ou légèrement en retrait. Accès facile aux activités.
Mid-range (1 500-4 000 PHP/nuit) : quelques bons hôtels avec piscine et vue sur la mer autour de Panglao. Moins cher que l’équivalent à El Nido.
Confort (4 000 PHP+/nuit) : resorts sur les côtes moins fréquentées de Panglao ; certains avec plage privée et service soigné.
Ce qu’on recommande : loger légèrement en retrait d’Alona Beach (5-10 minutes à pied) pour avoir le calme sans être trop loin des restaurants et des centres de plongée. Les adresses directement sur Alona sont bruyantes le soir.
Combien de temps rester
3 jours / 2 nuits : le minimum pour couvrir les incontournables confortablement. Journée 1 : Alona Beach + Balicasag. Journée 2 : boucle Chocolate Hills + tarsiers + Loboc River. Journée 3 : plage ou plongée.
4-5 jours : pour ajouter Pamilacan Island, une cascade, explorer en scooter les plages du nord de Panglao, faire plusieurs plongées.
Une semaine : pour les plongeurs qui veulent faire tous les sites locaux, explorer l’est de l’île, et vraiment s’installer dans le rythme de Panglao.
L’avis des Voyageries sur Port Barton
Bohol surprend presque tout le monde. On y arrive avec des attentes modérées : « c’est sur le chemin entre Cebu et Siquijor« , et on repart en se demandant pourquoi on n’avait pas prévu plus de temps.
Ce qui reste : les Chocolate Hills le matin tôt avec la brume dans les vallées. Le tarsier qui tourne sa tête à 180° en vous regardant dans les yeux depuis sa branche. La sensation sous l’eau à Balicasag quand une tortue passe à un mètre sans vous accorder le moindre regard.
Ce sont trois expériences très différentes qui n’ont aucun équivalent ailleurs aux Philippines. C’est ça, Bohol : une île qui ne ressemble à rien d’autre et qui a plusieurs bonnes raisons de valoir le détour.
Notre conseil pratique : 4 jours, logement un peu en retrait d’Alona Beach, excursion Chocolate Hills le premier matin à 7h, et Pamilacan Island plutôt que Balicasag si vous ne plongez pas ; moins bondée, tout aussi belle.
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