Moluques : guide des îles aux épices (Banda,Kei,Ambon)
Pendant des siècles, la noix de muscade n’a poussé qu’à un seul endroit sur Terre : une dizaine d’îlots volcaniques perdus au milieu de la mer de Banda. Le clou de girofle, lui, venait de quelques îles un peu plus au nord, Ternate et Tidore en tête. C’est pour ces deux épices que Portugais, Espagnols, Hollandais et Anglais ont traversé la moitié du globe. Ils s’y sont battus et ont fini par échanger une île de trois kilomètres de long contre un bout de terre qu’on appelait alors la Nouvelle-Amsterdam. Aujourd’hui, on dit Manhattan.
Ces îles, ce sont les Moluques. Un archipel d’un peu plus d’un millier d’îles à l’est de l’Indonésie, entre Sulawesi et la Nouvelle-Guinée, qui n’apparaît presque jamais sur les itinéraires des voyageurs français.
Ce qu’on y trouve : des forts hollandais que la végétation grignote doucement, des plantations de muscadiers à l’ombre des grands kenari, des volcans toujours actifs, des récifs parmi les mieux préservés du pays et des plages de sable blanc où l’on marche souvent seul. Ce qu’on n’y trouve pas : des navettes touristiques, des bateaux qui partent tous les jours à heure fixe, ou la possibilité de tout réserver en ligne depuis son canapé.
Les Moluques demandent du temps et une bonne tolérance à l’imprévu. En échange, elles montrent une Indonésie qui ne ressemble ni à Bali, ni à Java.
Vous verrez dans cet article des prix en roupies indonésiennes (IDR). En septembre 2026, 1 € valait environ 20 400 IDR : 100 000 IDR font donc à peu près 5 €.
Les Moluques, c’est où exactement ?
Les Moluques (Maluku en indonésien) forment un archipel de l’est de l’Indonésie, coincé entre Sulawesi à l’ouest, la Nouvelle-Guinée à l’est et le Timor au sud. Ce sont les fameuses « îles aux épices » des livres d’histoire. Administrativement, elles sont découpées en deux provinces :
- Maluku, au centre et au sud, avec Ambon pour capitale. C’est là que se trouvent les îles Banda, Seram, Saparua et les îles Kei.
- Maluku Utara (les Moluques du Nord), dont la capitale officielle est Sofifi, sur la grande île d’Halmahera. Dans les faits, la ville qui compte reste Ternate, sur l’île voisine.
Quelques repères avant d’aller plus loin :
- Un peu plus de 3 millions d’habitants pour environ 1 000 îles, dont une bonne partie inhabitées.
- Le fuseau horaire est celui de l’est indonésien (UTC+9) : 7 heures de plus qu’à Paris en été, 8 heures en hiver.
- On y parle indonésien, et au quotidien le melayu ambon, un malais local. L’anglais reste rare en dehors des guesthouses.
- La province de Maluku compte des communautés chrétiennes et musulmanes de taille comparable. Le nord est majoritairement musulman.
Si les Moluques restent si peu visitées, ce n’est pas faute d’intérêt. C’est la distance (deux jours de voyage depuis la France), des transports internes lents et capricieux, et une quasi-absence de promotion touristique. Pour ceux qui cherchent les îles indonésiennes les plus éloignées des foules, c’est justement ce qui en fait l’intérêt.
La route des épices : pourquoi ces îles ont changé l’histoire
Il faut se replacer au XVe siècle pour comprendre. En Europe, la muscade et le girofle servent à conserver, à parfumer, à soigner. On leur prête toutes sortes de vertus, et leur prix est à la hauteur. Personne en Europe ne sait vraiment d’où elles viennent : elles arrivent au bout d’une longue chaîne de marchands javanais, malais, indiens, arabes, puis vénitiens, chacun prenant sa marge au passage.
Le muscadier, lui, ne pousse qu’aux îles Banda. Il donne deux épices à la fois : la noix de muscade, et le macis, cette fine membrane rouge qui l’enveloppe. Le giroflier ne pousse que sur une poignée d’îles du nord, dont Ternate et Tidore. Qui contrôle ces quelques confettis contrôle un des commerces les plus rentables du monde.

Des Portugais à la VOC
Les Portugais arrivent les premiers, en 1512. En 1521, ce qui reste de l’expédition de Magellan (lui-même est mort aux Philippines quelques mois plus tôt) accoste à Tidore et remplit ses cales de clous de girofle. Un seul navire, la Victoria, rentrera en Espagne. Sa cargaison suffira à rembourser l’expédition.
Au début du XVIIe siècle, les Hollandais de la VOC, la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, décident de prendre le monopole par la force. En 1621, le gouverneur Jan Pieterszoon Coen débarque aux îles Banda avec une armée. La population, estimée à environ 15 000 personnes, est tuée, déportée ou réduite en esclavage ; il en resterait à peine un millier. Les terres sont découpées en parcelles et confiées à des colons hollandais, les « perkeniers », qui les font cultiver par des esclaves. C’est un des épisodes les plus sombres de la colonisation européenne en Asie, et on en croise encore les traces partout à Banda.

Run contre Manhattan
Une île résiste aux Hollandais : Run, la plus à l’ouest de l’archipel de Banda, tenue par les Anglais depuis 1616. Après des décennies de conflit, le traité de Breda, en 1667, règle la question : chacun garde ce qu’il occupe. Les Hollandais conservent Run, et donc le monopole complet de la muscade. Les Anglais gardent une petite colonie d’Amérique du Nord prise aux Hollandais trois ans plus tôt : la Nouvelle-Amsterdam, bientôt rebaptisée New York.
Sur le moment, tout le monde considère que les Hollandais ont fait la meilleure affaire.
La fin du monopole, grâce à un Français
Au XVIIIe siècle, Pierre Poivre, intendant de l’île de France (l’actuelle île Maurice), réussit après plusieurs tentatives à faire sortir des plants de muscadier et de giroflier de la zone contrôlée par les Hollandais. Les épices s’acclimatent à Maurice, puis à La Réunion, et gagnent d’autres terres tropicales. Les clous de girofle de Zanzibar, qui ont fait la richesse de l’île au XIXe siècle, descendent en partie de cette histoire. Le monopole hollandais s’effondre, et les Moluques retombent peu à peu dans l’oubli.
- 1512Les Portugais atteignent Banda et Ternate, premiers Européens sur place.
- 1521Les survivants de l’expédition de Magellan chargent du girofle à Tidore.
- 1621La VOC conquiert Banda. La population locale est presque entièrement décimée.
- 1667Traité de Breda : Run reste hollandaise, Manhattan devient anglaise.
- 1770Muscadiers et girofliers prennent racine à l’île Maurice, grâce à Pierre Poivre.
- 1936Hatta et Sjahrir, futurs dirigeants de l’Indonésie, exilés à Banda Neira.
Quelles îles choisir aux Moluques ?
Avec un millier d’îles et des liaisons aussi lentes, il faut faire des choix. Pour un premier voyage, la plupart des voyageurs combinent Ambon et les îles Banda, puis ajoutent les îles Kei ou le duo Ternate-Tidore s’ils ont plus de deux semaines. Voici les zones qui valent le déplacement, et ce que chacune a à offrir.
| Zone | Pour quoi y aller | Accès depuis Ambon | Temps conseillé |
|---|---|---|---|
| Îles Banda | HistoireSnorkelingVolcan Forts, muscade, récifs parmi les plus beaux d’Indonésie | Bateau (5 à 12 h) ou petit avion | 5 à 7 jours |
| Ambon et Saparua | VillePlongée Porte d’entrée, plongée « muck », forts, plages proches | Sur place, Saparua à 1 h de bateau | 2 à 4 jours |
| Ternate et Tidore | SultanatsVolcans Girofliers, palais des sultans, lacs de cratère | Vol (avec escale selon les jours) | 3 à 5 jours |
| Îles Kei | PlagesLagons Sable très fin, bancs de sable, villages de pêcheurs | Vol quotidien ou ferry Pelni | 4 à 6 jours |
| Seram | NatureRandonnée Jungle, parc de Manusela, côte nord et bungalows sur l’eau | Ferry rapide (2 h) puis route | 3 à 5 jours |
| Halmahera et Morotai | Hors des sentiersSeconde Guerre mondiale Pour les très curieux, avec du temps | Via Ternate | 5 jours et plus |
Les îles Banda : le cœur historique
Si vous ne deviez voir qu’une chose aux Moluques, ce serait Banda. L’archipel tient dans un mouchoir de poche : une dizaine d’îles volcaniques posées autour d’une baie où se reflète un volcan parfaitement conique, le Gunung Api.
Banda Neira est la petite capitale, et c’est là que presque tout le monde dort. On en fait le tour à pied. Le fort Belgica, construit en 1611, domine la ville avec son plan en pentagone ; de ses remparts, la vue sur le Gunung Api et la baie est probablement la plus belle de l’archipel. En contrebas, le fort Nassau est en ruine, envahi par la végétation. Dans les rues, on passe devant d’anciennes maisons coloniales, un petit musée, l’ancienne résidence du gouverneur et la maison où Mohammad Hatta, futur vice-président de l’Indonésie, a vécu en exil dans les années 1930.

Le Gunung Api, juste en face, se grimpe en une à deux heures depuis le bord de mer, par un sentier raide et glissant dans sa dernière partie. Il faut partir très tôt pour le lever du soleil et éviter la chaleur. Sa dernière grosse éruption date de 1988. La coulée de lave est descendue jusque dans la mer, et le corail l’a recolonisée à une vitesse qui a surpris les scientifiques : le spot de snorkeling du « lava flow » est aujourd’hui l’un des plus spectaculaires de l’archipel.
Sur Banda Besar, la plus grande île, on visite les plantations de muscadiers qui poussent à l’ombre des immenses kenari, des arbres plantés à l’époque coloniale pour protéger les muscadiers du soleil. Certaines familles descendantes des perkeniers y habitent encore et font visiter.
Plus loin, Pulau Hatta et Pulau Ai sont les deux îles où l’on va pour la mer : tombants coralliens à quelques mètres du rivage, eau d’une clarté rare, plages presque vides. Ai se prête bien à une nuit sur place, dans une des quelques guesthouses du village. Et puis il y a Run, la fameuse île échangée contre Manhattan. Il n’y reste presque rien de cette histoire, mais les voyageurs qui y vont le font surtout pour dire qu’ils y sont allés, et pour les fonds marins.
Côté plongée, les centres de Banda Neira emmènent sur des sites de tombants, et les intersaisons (avril-mai et septembre-novembre) sont réputées pour les passages de bancs de requins-marteaux au large. Rien de garanti, mais c’est une des raisons qui font venir les plongeurs du monde entier jusqu’ici.

Ambon et Saparua : la porte d’entrée
Tous les chemins passent par Ambon, capitale de la province et principal aéroport de l’archipel. La ville elle-même est animée, bruyante, pas vraiment faite pour les touristes, et c’est aussi ce qui la rend intéressante le temps d’une ou deux journées. Ambon a été classée ville créative de la musique par l’Unesco en 2019 ; la musique y est partout, des chorales d’église aux sonos des bemos.
Autour de la ville, on peut voir Pintu Kota, une grande arche rocheuse ouverte sur la mer, la plage de Natsepa (on y mange le rujak, une salade de fruits pimentée), celle de Liang, plus sauvage, et l’îlot de Pombo pour le snorkeling. Au nord de l’île, le village de Hila garde un fort hollandais et une des plus vieilles églises de la région.

Pour les plongeurs, Ambon est surtout connue pour la plongée « muck » dans sa baie : des fonds sableux et vaseux, peu spectaculaires au premier regard, mais remplis de créatures étranges. C’est ici qu’a été découvert le poisson-grenouille psychédélique, décrit par les scientifiques en 2009.
À une heure de bateau rapide depuis le port de Tulehu, Saparua vaut une journée ou une nuit : le fort Duurstede, les villages chrétiens aux églises blanches, et le souvenir de Pattimura, le héros local qui s’est soulevé contre les Hollandais en 1817. Son visage figurait sur l’ancien billet de 1 000 roupies, et l’aéroport d’Ambon porte son nom.
Ternate et Tidore : volcans et sultanats
Plus au nord, Ternate est une île volcan : tout le territoire est en fait le cône du Gamalama, un peu plus de 1 700 mètres, régulièrement en éruption. On en fait le tour en scooter en une journée. Au programme : le palais du sultan (le Kedaton), le fort Oranje et le fort Tolukko, la coulée de lave figée de Batu Angus, le lac de cratère de Tolire et ses légendes, et le vieux giroflier Afo, présenté comme l’un des plus anciens du monde. L’ascension du Gamalama dépend de l’activité du volcan : renseignez-vous sur place avant de vous lancer.

Juste en face, à quelques minutes de bateau, Tidore est plus calme, avec son propre sultanat, rival historique de Ternate. La vue sur Tidore et le petit îlot de Maitara depuis Ternate figurait d’ailleurs au dos de ce même billet de 1 000 roupies. C’est ici qu’ont accosté les survivants de l’expédition de Magellan.
Le nord n’est pas l’endroit des grandes plages : il se visite pour son histoire, ses paysages volcaniques et une ambiance très différente du reste des Moluques.
Les îles Kei : pour les plages
Au sud-est, les îles Kei sont celles qu’on vient voir pour la mer. La plage de Ngurbloat, sur Kei Kecil, s’étire sur plusieurs kilomètres avec un sable si fin que les voyageurs le comparent sans cesse à de la farine. Non loin, le banc de sable de Ngurtafur s’avance dans le lagon sur près de deux kilomètres à marée basse, et des pélicans viennent parfois s’y poser.
On loue un scooter pour faire le tour de Kei Kecil : la grotte de Hawang et son bassin d’eau douce turquoise, les villages de pêcheurs, les plages de la côte ouest. En bateau, on rejoint l’île de Bair et son lagon entouré de falaises calcaires, que les Indonésiens surnomment le « petit Raja Ampat ». La porte d’entrée, c’est le duo Tual et Langgur, les deux villes principales, qui se font face de part et d’autre d’un bras de mer.

Seram : la grande île sauvage
Seram est la plus grande île de la province, et la moins connue. Son intérieur est couvert de jungle, en grande partie protégée par le parc national de Manusela, où se trouve le mont Binaiya, le plus haut sommet des Moluques (un peu plus de 3 000 mètres). Les voyageurs qui y vont se dirigent surtout vers la côte nord et la baie de Sawai : falaises plongeant dans la mer, villages sur pilotis, et quelques bungalows construits sur l’eau à la plage d’Ora. On y accède par ferry rapide depuis Tulehu, puis par la route.
Halmahera et Morotai : pour les très curieux
Halmahera, la grande île en forme de K au nord, et Morotai, tout au bout, sont réservées à ceux qui ont du temps. Morotai a servi de base aux Alliés en 1944, et c’est dans sa jungle qu’a été retrouvé en 1974 Teruo Nakamura, un des derniers soldats japonais qui ignoraient que la guerre était terminée. On y trouve des épaves, des plages désertes et des îlots comme Dodola. Les infrastructures sont minimales : à envisager seulement si vous avez déjà vu Banda et que vous avez encore envie d’aller plus loin.
Quand partir aux Moluques ?
Pour la plupart des voyageurs, la meilleure période pour partir aux Moluques, c’est octobre et novembre. C’est le seul moment de l’année où les quatre grandes zones (Ambon, Banda, Kei et le nord) sont toutes dans de bonnes conditions en même temps. Avril et début mai forment une deuxième fenêtre intéressante pour Ambon et Banda.
Il faut surtout retenir une chose : les Moluques centrales vivent à contre-temps du reste de l’Indonésie. À Bali ou à Java, la saison sèche va de mai à septembre. À Ambon, c’est exactement l’inverse : c’est la période la plus pluvieuse de l’année, avec des pluies qui dépassent les 400 mm par mois en juin et en juillet. En cause, la mousson du sud-est, qui arrive sèche sur les îles de la Sonde mais se charge d’humidité en traversant la mer de Banda. Les vents forts rendent en plus la mer agitée, et les bateaux vers Banda restent régulièrement à quai.
Le piège classique, c’est donc de caser les Moluques à la fin d’un voyage à Bali en juillet-août. C’est justement la pire période pour y aller.
Ambon, Banda et Seram
La période la plus sèche va d’octobre à avril, mais la mer, elle, n’est vraiment calme qu’aux intersaisons : avril-mai et fin septembre à novembre. C’est à ce moment que les bateaux vers Banda circulent le mieux et que la visibilité sous l’eau est la meilleure. De décembre à mars, la mousson du nord-ouest apporte des averses et des vagues, sans être rédhibitoire. De juin à août, mieux vaut s’abstenir : pluies très fortes, mer formée, liaisons maritimes régulièrement suspendues.
Les îles Kei
Les Kei, un peu plus au sud, suivent un rythme différent. La saison des pluies y va de décembre à mai, avec un pic en janvier. De juillet à octobre, il pleut très peu (septembre est le mois le plus sec), mais les alizés du sud-est soufflent fort en juillet et en août. Septembre à novembre est la meilleure combinaison de soleil et de mer calme.
Ternate et le nord
Dans le nord, les saisons sont beaucoup moins marquées : il peut pleuvoir toute l’année. La période de juillet à octobre est la plus sèche. Mai et la période de décembre-janvier sont les plus arrosés, sans être impossibles.
Comment aller aux Moluques ?
C’est la partie qui décourage la plupart des gens, et c’est aussi elle qui explique pourquoi les Moluques sont restées aussi préservées. Rien d’insurmontable, mais il faut savoir comment ça marche avant de partir.
Depuis la France : rejoindre Ambon ou Ternate
Il n’existe aucun vol direct depuis l’Europe. Le schéma classique : un vol long-courrier jusqu’à Jakarta (avec une escale au Moyen-Orient ou en Asie, environ 16 à 18 heures de trajet), puis un vol intérieur jusqu’à Ambon, direct depuis Jakarta ou via Makassar, sur Sulawesi. Pour le nord, on vise Ternate, desservie depuis Jakarta, Makassar et Manado.
Comptez deux jours de voyage dans chaque sens, et prévoyez une nuit à Jakarta ou à Makassar si les correspondances sont serrées : les retards sur les vols intérieurs indonésiens sont fréquents. Les comparateurs affichent des allers-retours Paris-Ambon à partir de 900 € environ, selon les dates. Si vous passez par Java, c’est l’occasion de faire une étape à Yogyakarta avant de filer vers l’est.
Rejoindre les îles Banda
C’est le trajet qui demande le plus d’organisation. Banda est à environ 200 km au sud-est d’Ambon, en pleine mer, et trois options existent. Leurs horaires bougent d’une saison à l’autre, parfois d’un mois à l’autre.
En pratique, beaucoup de voyageurs combinent : aller en bateau rapide ou en avion si l’occasion se présente, retour en Pelni, dont les dates sont connues à l’avance. Les guesthouses de Banda Neira connaissent les horaires du moment mieux que n’importe quel site internet : écrivez-leur sur WhatsApp avant de caler vos dates.
Rejoindre les îles Kei
L’aéroport de Langgur, sur Kei Kecil, est relié à Ambon par des vols quotidiens. C’est de loin la solution la plus simple. Certains navires Pelni font aussi la ligne Ambon, Banda puis Tual, ce qui permet d’enchaîner Banda et les Kei par la mer, à condition que le calendrier tombe bien.
Se déplacer ailleurs dans l’archipel
- Ambon vers Saparua ou Seram : des ferries rapides partent de Tulehu plusieurs fois par jour. Comptez environ 1 h pour Saparua et 2 h pour Amahai, sur Seram.
- Ternate vers Tidore : des petits bateaux font la traversée en permanence, en une dizaine de minutes.
- Ambon vers Ternate : en avion, avec ou sans escale selon les jours.
- Sur place : scooter de location (la guesthouse en a presque toujours un), bemo (minibus collectif) et bateaux de pêcheurs à louer à la journée pour les îles voisines.
Nos conseils pour ne pas rester bloqué
- Gardez au moins deux ou trois jours de marge dans votre itinéraire, surtout avant votre vol retour vers Jakarta.
- Ne réservez jamais un vol international en comptant sur un bateau qui arrive la veille.
- Vérifiez le calendrier Pelni avant de fixer vos dates : c’est lui qui finit par dicter le reste du voyage.
- Voyagez léger : 10 kg en soute sur les petits avions, et des embarquements parfois acrobatiques sur les bateaux.
- Gardez du liquide sur vous : les billets de bateau se paient en espèces, directement au port.
Quel itinéraire aux Moluques en 2, 3 ou 4 semaines ?
Le nombre de jours sur place compte moins que le nombre de trajets en bateau. Avec deux semaines, on se concentre sur Ambon et Banda. Avec trois, on ajoute une deuxième zone. Avec quatre, on peut monter jusqu’au nord. Les durées ci-dessous comptent le temps sur place, sans le trajet depuis la France, et incluent des jours de marge.
- Jours 1 à 2Ambon : Pintu Kota, Natsepa, Hila
- Jours 3 à 9Îles Banda : Banda Neira, Gunung Api, plantations, Pulau Ai et Hatta
- Jours 10 à 11Saparua en aller-retour depuis Ambon
- Jours 12 à 14Marge pour les bateaux, puis vol retour
- Jours 1 à 2Ambon
- Jours 3 à 9Îles Banda
- Jours 10 à 16Îles Kei : Ngurbloat, Ngurtafur, Bair (par Pelni depuis Banda si le calendrier le permet, sinon en avion via Ambon)
- Jours 17 à 18Retour à Ambon, Saparua ou Pombo
- Jours 19 à 21Marge et retour
- Jours 1 à 5Ternate et Tidore
- Jours 6 à 7Vol vers Ambon, visite de l’île
- Jours 8 à 14Îles Banda
- Jours 15 à 21Îles Kei
- Jours 22 à 25Seram (baie de Sawai) ou Saparua
- Jours 26 à 28Marge et retour
Si les Moluques ne sont qu’une partie de votre voyage en Indonésie, gardez-leur au moins dix jours, et regardez nos circuits de 2 à 4 semaines en Indonésie pour organiser le reste. Trois ou quatre jours entre deux vols pour « faire Banda » ne suffisent pas : un bateau annulé, et vous passez le séjour à Ambon.
Quel budget prévoir pour les Moluques ?
Une fois sur place, les Moluques ne sont pas chères. Ce qui fait monter la note, ce sont les vols (international et intérieurs) et la location de bateaux pour rejoindre les îles les plus éloignées. Voici des ordres de grandeur par personne, pour un voyageur qui dort en guesthouse et mange local.
Au total, comptez environ 35 à 60 € par jour et par personne sur place, transports inter-îles compris. Le budget grimpe si vous plongez tous les jours ou si vous louez des bateaux privés.
Codes culturels : ce qu’il faut savoir sur place
Les Moluques mêlent régions chrétiennes et régions musulmanes, parfois d’un village à l’autre. Banda, Ternate et Tidore sont majoritairement musulmanes : tenue couvrant les épaules et les genoux dans les villages, discrétion pendant le ramadan. À Ambon et aux Kei, où les communautés chrétiennes sont importantes, l’ambiance est plus détendue et on trouve de l’alcool, notamment le sopi, un alcool de palme local. Ambon a connu de violents affrontements entre communautés entre 1999 et 2002 ; la situation est apaisée depuis longtemps, et France Diplomatie ne classe pas les Moluques en zone déconseillée. Vérifiez tout de même la page de l’Indonésie avant de partir.
Pour le visa, l’argent, la santé et le reste de la préparation, tout est dans notre kit de survie pour l’Indonésie. Une seule particularité à garder en tête pour les Moluques : le paludisme est présent dans l’est du pays, alors parlez-en à votre médecin avant de partir.
L’avis des Voyageries sur les Moluques
On nous demande souvent où partir en Indonésie « quand on a déjà fait Bali ». Les Moluques sont une des réponses les plus fortes qu’on connaisse, à condition d’être honnête sur ce qu’elles demandent.
Elles valent le voyage si vous avez au moins deux semaines à leur consacrer. Si l’histoire vous parle autant que les plages. Si vous acceptez qu’un bateau parte le jeudi au lieu du mardi, ou pas du tout. Et si le confort d’une guesthouse familiale, avec ventilateur et mandi (la douche à l’écope indonésienne), vous convient.
Elles ne sont pas faites pour un premier voyage en Asie, pour un séjour de dix jours avec des vols déjà calés à l’heure près, ni pour ceux qui cherchent des beach clubs et une vie nocturne.
Ce qu’elles offrent en retour, c’est rare : se tenir sur les remparts du fort Belgica au coucher du soleil, avec le Gunung Api en face et à peine une poignée d’étrangers sur toute l’île. Nager au-dessus d’un récif qui a poussé sur une coulée de lave en quelques décennies. Et comprendre, sur place, qu’une épice qu’on râpe aujourd’hui sans y penser sur une purée a déplacé des flottes entières. Un peu comme Balabac aux Philippines, c’est l’effort pour y arriver qui protège ces îles, et qui rend le voyage si marquant.
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→ Construire son itinéraire en Indonésie
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