Préparation pour l’ascension du Kilimandjaro : physique, équipement, mental

Le Kilimandjaro n’est pas une montagne technique. Pas de corde, pas de crampons, pas de piolet. Mais ne vous y trompez pas : c’est une ascension sérieuse. À 5 895 mètres, le corps manque de 50% d’oxygène par rapport au niveau de la mer. Les journées durent entre 5 et 8 heures de marche. La nuit de l’attaque du sommet commence à minuit dans le froid et le vent, et dure 7 heures. Et tout ça sur 7 à 9 jours consécutifs.

La bonne nouvelle : avec une préparation sérieuse, n’importe qui en bonne santé peut y arriver. La mauvaise nouvelle : beaucoup de gens partent sans se préparer correctement, en pensant que « c’est juste de la marche ». Et environ un grimpeur sur deux n’atteint pas le sommet.

Ce guide est là pour que vous fassiez partie des autres.

La préparation physique pour le Kilimandjaro : le travail commence 3 à 6 mois avant

Avant de parler de programme, il faut clarifier ce que l’ascension du Kilimandjaro exige physiquement.

L’endurance d’abord

Les journées de trek durent entre 4 et 8 heures, à un rythme lent mais continu. Ce n’est pas une question de vitesse mais d’endurance c’est une question de capacité à marcher longtemps sans s’épuiser. L’endurance cardiovasculaire est le facteur numéro un.

Les jambes ensuite

Quadriceps (montée), ischio-jambiers et mollets (descente), genoux (stabilité sur terrain irrégulier). La descente après le sommet est souvent la partie la plus douloureuse pour ceux qui n’ont pas préparé leurs jambes à l’effort excentrique.

Le gainage et le dos

On porte un sac à dos de 8 à 15 kg pendant plusieurs jours. Un dos et un corps non préparés fatigueront vite et généreront des douleurs qui diminuent la concentration et la résistance mentale.

La capacité respiratoire

À haute altitude, le corps doit extraire l’oxygène d’un air moins dense. Tout travail cardiovasculaire améliore l’efficacité respiratoire et donc l’acclimatation.

Le profil de condition physique visé

Avant de partir pour le Kilimandjaro, vous devriez pouvoir :

  • Marcher 6 heures consécutives avec 8 à 10 kg sur le dos sur un terrain varié
  • Courir 30 minutes à un rythme confortable sans vous arrêter
  • Enchaîner 2 jours de randonnée consécutifs sans être hors service le lendemain

Si ce n’est pas encore le cas : pas de panique. C’est ce vers quoi on travaille.

Le programme en trois phases

Programme d’entraînement — 6 mois avant le départ
Phase 1 — Construire la base
Mois 1 et 2 · Régularité avant tout
3–4 séances/sem.
Cardio
Marche rapide 45-60 min
Course légère 30 min
Vélo ou natation
Muscu + rando
Squats, fentes, gainage
Rando week-end 2-3h
Dénivelé si possible
→ Objectif : randonner 4h avec 6 kg sans douleur
Phase 2 — Monter en puissance
Mois 3 et 4 · L’endurance au premier plan
4–5 séances/sem.
Cardio
Séances 60-90 min
Côtes et escaliers
Charge progressive
Muscu + rando
Charges + lourdes jambes
Rando 5-7h + 500m D+
Porter 10-12 kg
→ Objectif : 2 jours consécutifs de rando de 5h
Phase 3 — Spécificité et consolidation
Mois 5 et 6 · Simuler les conditions réelles
Grandes sorties
Spécifique
Rando 6-8h avec 10-12 kg
Sortie altitude si possible
Maintien cardio + muscu
2 semaines avant
Réduire l’intensité
Récupération active
Vérifier l’équipement
→ Objectif : 3 jours consécutifs de rando de 5-6h avec sac chargé
Semaine du départ — Récupération
Marches légères seulement · Pas d’effort intense · Sommeil et alimentation prioritaires
Les chaussures de trek doivent être portées dès la phase 2 — plusieurs randonnées pour les faire et éviter les ampoules. Le sac à dos lesté (10-12 kg) entre en jeu à mi-phase 2.

Phase 1 – Mois 1 à 2 : Construire la base

L’objectif est de créer une routine et de développer l’endurance de base. À ce stade, la régularité prime sur l’intensité.

  • 3 à 4 séances cardio par semaine : marche rapide (45-60 min), course légère (30 min), vélo, natation
  • 2 séances de renforcement musculaire : jambes (squats, fentes, step-ups), gainage, dos
  • Une sortie randonnée de 2 à 3h le week-end ; avec dénivelé si possible

Objectif fin phase 1 : pouvoir randonner 4h avec 6 kg sans douleur

Phase 2 – Mois 3 à 4 : Monter en puissance

On augmente les durées et les charges. L’endurance passe au premier plan.

  • 4 à 5 séances par semaine : les cardio s’allongent (60-90 min), on ajoute des côtes et escaliers
  • Séances de renforcement maintenues : on passe aux charges plus lourdes sur les jambes
  • Randonnée week-end : 5 à 7h avec dénivelé positif significatif (500m minimum)
  • Commencer à porter 10-12 kg en randonnée pour habituer le dos

Objectif fin phase 2 : enchaîner 2 jours de randonnée de 5h consécutifs

Phase 3 – Mois 5 à 6 : Spécificité et consolidation

On simule les conditions du Kili autant que possible.

  • Une grande sortie randonnée par semaine : 6 à 8h avec 10-12 kg sur le dos
  • Si possible, une sortie en altitude (Alpes, Pyrénées) pour tester la réaction du corps
  • On maintient le cardio et la muscu mais on diminue l’intensité 2 semaines avant le départ (récupération)

Objectif fin phase 3 : enchaîner 3 jours consécutifs de randonnée de 5-6h

Ce qu’il ne faut pas négliger

Les chaussures

L’erreur classique : acheter des chaussures neuves et partir sans les avoir portées. Une ampoule au 3ème jour peut ruiner une ascension. Commencez à porter vos chaussures de trek 2 à 3 mois avant le départ. Pas pour de courtes sorties — pour de vraies randonnées.

La descente

On travaille toujours la montée, jamais la descente. Or c’est souvent en descente (retour depuis le sommet, descente des camps) que les genoux lâchent. Incluez des descentes longues dans votre préparation. Les fentes avant et les exercices excentriques pour les quadriceps protègent les genoux.

Le sac à dos lesté

Marcher avec un sac de 10 kg change tout : la posture, la fatigue, les points de frottement. Entraînez-vous avec le sac que vous porterez réellement, correctement ajusté.

L’équipement pour le Kilimandjaro : ce qui fait la différence entre confort et souffrance

Le Kilimandjaro traverse cinq zones climatiques en une semaine. Du tropical humide à l’arctique sec, les conditions changent radicalement chaque jour. L’équipement doit couvrir tous ces extrêmes sans peser une tonne.

Équipement — ce qu’il faut vraiment emporter
🧥 Le système de couches — la règle des 4 couches
Couche 1
Base technique
Synthétique ou mérinos · Jamais coton · Évacue la transpiration
Couche 2
Polaire mid-layer
La plus portée · S’enlève et se remet souvent dans la journée
Couche 3 ★
Doudoune grand froid
Pour la nuit du sommet · -10°C min · Ne pas lésiner
Couche 4
Gore-Tex / imperméable
Pluie en forêt · Vent au sommet · Par-dessus tout
⭐ Pièces critiques — ne pas lésiner
Chaussures trekking haute tige — imperméables, semelle rigide, à faire 2-3 mois avant
Sac de couchage -10°C minimum — les nuits en camp montent à -15°C
Doudoune grand froid — couche 3, pour la nuit du sommet uniquement
Gants chauds imperméables — pas des gants de ski fins
Bâtons de trekking pliables — -25% de charge sur les genoux en descente
Lampe frontale + piles de rechange — le froid décharge les batteries
🌙 Nuit du sommet — liste complète
Doudoune + veste imperméable par-dessus
Pantalon thermique + pantalon de trek
Bonnet couvrant les oreilles + tour de cou
Gants chauds imperméables
Thermos d’eau chaude — l’eau froide donne des crampes en altitude
En-cas sucré + frontale + piles neuves
Température ressentie : -15°C à -25°C · Départ minuit · 7h d’ascension

Le système de couches : la base de tout

Le Kilimandjaro n’est pas une montagne où on emporte une seule veste « pour le froid ». C’est un système de couches qui s’ajoutent et se retirent au fil de la journée.

Couche 1 : Base technique (contre le corps)

Matière synthétique ou laine mérinos ; surtout pas de coton. Le coton absorbe la transpiration et reste humide, ce qui refroidit dangereusement à haute altitude. Une ou deux chemises techniques manches longues, des sous-vêtements thermiques pour les nuits froides.

Couche 2 : Isolation (chaleur active)

Une polaire mid-layer (250g environ) pour les matins et les soirées au camp. C’est la couche qu’on enlève et remet le plus souvent dans la journée.

Couche 3 : Grand froid (pour la nuit du sommet)

Une doudoune synthétique ou duvet de qualité, idéalement rated à -10°C minimum. Cette pièce n’est là que pour la nuit de l’attaque : mais elle est indispensable. Ne pas lésiner.

Couche 4 : Imperméable et coupe-vent

Une veste Gore-Tex ou membrane imperméable pour la pluie et le vent. Elle s’enfile par-dessus tout le reste. La pluie dans les zones forestières et les vents au sommet justifient une veste de qualité ; pas un K-Way de supermarché.

Les pièces critiques

Les chaussures de trekking haute tige

C’est l’investissement le plus important. Imperméables, tige haute pour le soutien de cheville (terrain irrégulier, éboulis, neige possible au sommet), semelle rigide Vibram ou équivalent. Les chaussures de trail running légères ne sont pas adaptées. Compter 150 à 350 €.

Le sac de couchage grand froid

Température de confort : -10°C minimum. La nuit avant l’attaque du sommet, dans les camps à 4 600 à 4 900 mètres, les températures descendent régulièrement à -15°C. Un sac de couchage adapté pour le plein été dans les Alpes n’est pas suffisant. Compter 150 à 400 €.

Les bâtons de trekking

Non obligatoires mais fortement recommandés. Ils soulagent les genoux en descente (jusqu’à 25% de charge en moins), aident à l’équilibre sur terrain instable, et donnent un appui supplémentaire en montée. Pliables pour le sac à dos des porteurs. Compter 40 à 120 €.

L’équipement de nuit au sommet

La nuit de l’attaque du sommet (minuit → 6h) est celle pour laquelle tout l’équipement doit être au niveau. Températures entre -15°C et -25°C, vent possible, obscurité totale.

La liste minimum :

  • Doudoune grand froid (dessous)
  • Veste imperméable coupe-vent (dessus)
  • Pantalon thermique + pantalon de trek
  • Guêtres si neige possible
  • Gants chauds imperméables (pas des gants de ski fins)
  • Bonnet couvrant les oreilles
  • Tour de cou / cagoule légère
  • Lampe frontale + piles neuves de rechange (le froid décharge les batteries)
  • Thermos eau chaude (l’eau froide donne des crampes en altitude)

Ce qu’on peut louer à Moshi

Des boutiques de location existent à Moshi pour l’essentiel du matériel. La location est une option pour les pièces moins critiques : guêtres, pantalon de pluie, gants d’appoint, sac à dos de grand taille (le sac de porteurs).

Pour les pièces critiques : sac de couchage, chaussures, veste grand froid ; avoir son propre matériel reste fortement recommandé. La qualité des locations varie et certains sacs de couchage « grand froid » en location n’atteignent pas leur température affichée.

La gestion de l’altitude au Kilimandjaro : comprendre pour ne pas subir

C’est la dimension la plus sous-estimée de la préparation. On passe des semaines à travailler le cardio et on consacre zéro heure à comprendre ce qui va se passer dans le corps au-dessus de 3 000 mètres.

Ce que l’altitude fait au corps

À mesure qu’on monte, la pression atmosphérique diminue. L’air contient toujours 21% d’oxygène ; mais les molécules sont plus espacées, donc chaque respiration en apporte moins. À 5 895 mètres, les poumons reçoivent environ 50% moins d’oxygène qu’au niveau de la mer.

Le corps s’adapte, mais pas instantanément. Il produit plus de globules rouges, augmente la fréquence respiratoire, modifie la chimie du sang. Ce processus prend des jours. C’est l’acclimatation.

Le mal aigu des montagnes : symptômes et signaux d’alarme

Le mal aigu des montagnes (MAM) touche entre 30 et 75% des grimpeurs du Kilimandjaro à des degrés divers. Reconnaître les symptômes, et distinguer le bénin du grave, est une compétence essentielle.

Symptômes légers (normaux, à surveiller) :

  • Maux de tête (le symptôme le plus courant)
  • Légère nausée, perte d’appétit
  • Fatigue accrue, sommeil perturbé
  • Légères vertiges
  • Difficultés de concentration

Ces symptômes sont normaux au-dessus de 3 000 mètres. La règle : ralentir, bien s’hydrater, ne pas monter plus haut si les symptômes s’aggravent.

Symptômes sévères (urgence médicale – descendre immédiatement) :

  • Ataxie : difficulté à marcher en ligne droite, perte d’équilibre
  • Confusion mentale, comportement anormal
  • Toux productive avec expectorations roses ou mousseuses
  • Essoufflement sévère au repos
  • Lèvres ou ongles bleutés

Ces symptômes indiquent un œdème cérébral ou pulmonaire. C’est une urgence absolue. La seule réponse est la descente immédiate ; pas la nuit, maintenant.

Les règles d’or de l’acclimatation

« Climb high, sleep low« 

Le principe de base : en journée on peut monter plus haut que le camp, mais on revient dormir plus bas. C’est ce que font les meilleures voies (Lemosho, Machame) en intégrant des journées d’acclimatation.

Boire beaucoup

3 à 4 litres d’eau par jour minimum sur la montagne. La déshydratation aggrave les symptômes du mal des montagnes et diminue les capacités physiques. La couleur de l’urine est le meilleur indicateur — elle doit rester claire.

Manger même sans appétit

L’altitude coupe souvent l’appétit. Mais le corps a besoin d’énergie pour s’acclimatater et maintenir sa température. Forcer quelques bouchées à chaque repas même sans faim.

Pole pole

Plus facile à dire qu’à faire quand on est bien acclimaté en début d’ascension. La règle est de ne jamais dépasser le rythme du guide, même quand on se sent en forme. La fatigue cumulée rattrape toujours.

Le Diamox : à discuter avec votre médecin

L’acétazolamide (Diamox®) est un médicament qui accélère l’acclimatation en stimulant la ventilation. Il est largement prescrit en prévention du MAM.

Ce qu’il fait : stimule la respiration, accélère l’adaptation rénale à l’altitude, réduit les maux de tête et les insomnies liés à l’altitude.

Ce qu’il ne fait pas : il ne remplace pas l’acclimatation. Il ne protège pas contre les formes graves en cas de montée trop rapide.

Effets secondaires fréquents : fourmillements dans les doigts et les orteils, augmentation de la fréquence urinaire, goût métallique des boissons gazeuses.

La règle : ne jamais commencer le Diamox sans prescription médicale. Consultez votre médecin 4 à 6 semaines avant le départ.

La préparation mentale au Kilimandjaro : la dimension dont personne ne parle

La nuit de l’attaque du sommet commence à minuit. On part dans le froid et le noir avec une frontale. On marche pendant 7 heures sur un terrain de lave et de poussière qui donne l’impression d’avancer sans progresser. La fatigue s’accumule. Certains grimpeurs vomissent. Beaucoup pleurent. Presque tout le monde doute à un moment.

La préparation mentale n’est pas de la philosophie. C’est une compétence pratique.

La nuit du sommet — à quoi s’attendre vraiment
18h00
Dîner au camp de base · Se coucher tôt
00h00
Réveil · En-cas · Habillage en couches
00h30
Départ · Frontale · Froid · Noir total
04h00
Le moment le plus dur · Stella Point visible
05h30
Stella Point (5 739 m) · Bord du cratère
06h30
Uhuru Peak · 5 895 m · Lever de soleil
Ce qui est difficile
Partir à minuit — le corps veut dormir
Lenteur : 200-300 m/h, le sommet semble ne jamais approcher
Maux de tête liés à l’altitude
Fatigue accumulée de 5-6 jours de trek
Le doute : « Je ne peux plus continuer »
Stratégies qui fonctionnent
Fractionnez : « jusqu’à ce rocher » pas « encore 4h »
Engagez-vous à Stella Point avant de décider quoi que ce soit
Pole pole : ne jamais dépasser le rythme du guide
Votre pourquoi : gardez en tête ce qui vous a amené là
Parlez au guide — ils ont tout vu, ils savent aider
Mal des montagnes — reconnaître les signaux
Symptômes légers — surveiller
Maux de tête · Légères nausées · Fatigue accrue · Insomnies · Perte d’appétit
→ Ralentir, s’hydrater, ne pas monter si aggravation
Symptômes sévères — descendre immédiatement
Perte d’équilibre (ataxie) · Confusion mentale · Toux productive · Essoufflement au repos · Lèvres bleutées
→ Urgence absolue — pas la nuit, MAINTENANT
Pole pole. Ce n’est pas une phrase de motivation — c’est une instruction médicale. Le guide qui répète « pole pole » depuis le premier jour sait ce qu’il dit.

Ce qui nous attend vraiment

La nuit du sommet est différente des autres jours. Ce n’est plus « juste de la marche ». C’est une épreuve mentale aussi bien que physique, et savoir à l’avance ce qui arrive permet de mieux le traverser.

Ce qui est difficile :

  • La fatigue accumulée après 5-6 jours de trek
  • Le départ à minuit (le corps veut dormir, pas marcher)
  • Le froid (entre -10°C et -20°C avec refroidissement éolien possible)
  • La lenteur : on avance à 200-300 mètres/heure. Le sommet semble ne jamais approcher
  • Les maux de tête liés à l’altitude
  • Le doute : « Je ne peux plus » « Pourquoi je fais ça »

Ce qui aide :

  • Savoir que tout ça est normal et attendu
  • Découper la nuit en petites étapes (pas en « j’ai encore combien à faire »)
  • Se concentrer uniquement sur le pas suivant ; pas sur le sommet
  • Garder quelque chose d’important en tête : pourquoi vous êtes là

Les stratégies concrètes

Fractionner mentalement l’ascension

« Je vais jusqu’à ce rocher » puis « jusqu’à ce virage » puis « jusqu’au prochain camp ». Ne jamais penser « je dois encore faire 4 heures ». Le sommet en une fois, c’est écrasant. 15 minutes à la fois, c’est gérable.

S’engager à ne pas prendre de décision avant Stella Point

Stella Point est le bord du cratère à 5 739 mètres ; à 30-45 minutes du sommet Uhuru Peak. C’est là où les guides proposent souvent de s’arrêter pour ceux qui souffrent trop. Décidez avant de partir que vous irez au moins jusqu’à Stella Point avant de décider quoi que ce soit. Dans l’immense majorité des cas, ceux qui atteignent Stella Point continuent jusqu’au sommet.

Parler à son guide

Les bons guides ont vu des centaines de grimpeurs douter, vomit, sangloter, et finalement arriver au sommet. Ils savent lire les signes. Si vous leur faites confiance et que vous communiquez, ils vous aideront à trouver le bon rythme et à traverser les moments difficiles.

Le « pourquoi »

Avant de partir, identifiez clairement pourquoi vous faites cette ascension. Quelque chose de personnel, de précis, de fort. Dans les moments difficile, et il y en aura, c’est ce qui vous fera continuer.

Ce qu’on ne peut pas décider à l’avance

La préparation mentale, aussi solide soit-elle, ne peut pas tout anticiper. Il y a des moments sur la montagne ; la 5ème heure dans le noir, la tête qui cogne, les jambes qui brûlent, où aucune technique ne fonctionne et où c’est juste dur.

C’est normal. C’est le Kilimandjaro. Le traverser, c’est ce qui en fait quelque chose d’inoubliable.

Santé et médecin avant le départ

Une consultation médicale 4 à 6 semaines avant le départ est indispensable ; pas optionnelle.

Ce qu’il faut vérifier :

  • Bilan cardiovasculaire si vous n’avez pas fait de sport intensif récemment ou si vous avez plus de 45 ans
  • Absence de contre-indications au Diamox (allergie aux sulfamides, problèmes rénaux)
  • Vaccinations à jour (hépatite A, DTP, typhoïde) + antipaludéen pour la Tanzanie
  • Traitement de fond si vous avez une pathologie chronique (asthme, diabète, tension)

Ce que le médecin vous prescrit :

  • Diamox (acétazolamide) ; à prendre selon ses recommandations
  • Traitement antipaludéen (même en altitude, on passe par les zones forestières à basse altitude)
  • Ibuprofène ou paracétamol en quantité suffisante (maux de tête liés à l’altitude)
  • Antiémétiques (nausées)

Les contre-indications absolues :

  • Problèmes cardiaques non contrôlés
  • Hypertension non stabilisée
  • Crises d’épilepsie récentes
  • Allergie aux sulfamides (et prise de Diamox envisagée)

En cas de doute, un médecin spécialisé en médecine des voyages ou en médecine de montagne peut donner un avis plus précis.

La nutrition et l’hydratation en ascension

Ce n’est pas une section glamour. Mais négliger sa nutrition sur la montagne est une des erreurs les plus fréquentes.

L’hydratation : 3 à 4 litres d’eau par jour minimum, répartis tout au long de la journée. Ne pas attendre d’avoir soif ; à altitude, la sensation de soif est souvent émoussée. Les pastilles de purification sont inutiles si les porteurs fournissent de l’eau bouillie, mais gardez de l’eau en réserve dans votre propre gourde isotherme.

La nutrition au camp : mangez à chaque repas même sans appétit. Les cuisiniers des lodges proposent généralement des plats équilibrés et énergétiques : riz, pâtes, légumes, œufs, soupe. Forcer quelques bouchées même quand le mal des montagnes coupe l’appétit.

Les en-cas dans le sac : barres énergétiques, fruits secs, noix, chocolat noir. À consommer régulièrement pendant les phases de marche ; toutes les 45-60 minutes environ. Ne pas attendre le repas du midi pour manger.

La nuit du sommet : l’eau froide provoque des crampes en altitude. Emportez une thermos d’eau chaude ou de thé chaud. Un en-cas sucré (datte, gel énergétique, pâte d’amande) pour les moments difficiles.

L’avis des Voyageries sur le Kilimandjaro

On reçoit souvent des questions qui ressemblent à : « Je ne suis pas très sportif, est-ce que je peux quand même faire le Kili ? » Et notre réponse honnête est : ça dépend de combien de mois vous avez devant vous et de combien vous êtes prêt à travailler.

Le Kilimandjaro n’est pas réservé aux athlètes. Mais il n’est pas non plus une promenade. Ce qu’il faut, c’est être capable de marcher longtemps : pas vite, longtemps. Et avoir la tête assez solide pour traverser une nuit difficile sans lâcher.

Ce qui fait la différence entre ceux qui arrivent et ceux qui font demi-tour, ce n’est généralement pas la condition physique. C’est la voie (trop courte = pas assez d’acclimatation), la préparation mentale (ne pas savoir ce qui attend), et les petits détails d’équipement (les chaussures qui font une ampoule, le sac de couchage trop léger).

Si vous avez 4 à 6 mois devant vous, une bonne paire de chaussures, un sac de couchage adapté, un médecin qui vous suit, et la conviction que vous voulez y aller ; vous pouvez y arriver !

Pole pole.


Voir notre article sur les voies du Kilimandjaro : laquelle choisir ?
Voir notre article sur le budget et les prix de l’ascension
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FAQ – Préparer l’ascension du Kilimandjaro

6 mois est la durée idéale pour quelqu’un qui part de zéro. Si vous avez déjà un bon niveau cardiovasculaire (courez régulièrement, faites de la randonnée), 3 à 4 mois de préparation spécifique suffisent. En dessous de 2 mois sans base sportive, le risque est élevé.

Non ; et c’est une des particularités du Kilimandjaro. Beaucoup de grimpeurs le font comme première expérience en altitude. L’absence d’expérience en haute montagne n’est pas rédhibitoire, mais connaître sa réaction à l’altitude avant (une sortie à 2 500-3 000 m dans les Alpes) est un avantage.

La motivation est nécessaire mais pas suffisante. Les grimpeurs qui arrivent au sommet uniquement « à la volonté » sans préparation physique souffrent inutilement et présentent un risque accru de mal des montagnes sévère. Préparez-vous physiquement : c’est dans l’intérêt de votre sécurité et de votre expérience.

Les refuges de la voie Marangu fournissent des matelas : pas besoin d’apporter un matelas de sol. Sur toutes les autres voies (camping), il faut le matelas de sol (généralement fourni par l’opérateur). Le reste de l’équipement est identique.

Oui, la location existe. Mais pour les pièces critiques (sac de couchage -10°C, chaussures de trekking adaptées, veste grand froid), la qualité des locations est variable. Amener son propre matériel pour ces pièces est fortement recommandé.

Non ; et c’est une des choses les plus importantes à comprendre. La condition physique n’est pas un prédicteur fiable de la réaction à l’altitude. Des athlètes d’élite peuvent faire du MAM sévère, quand des personnes moins sportives s’acclimatent parfaitement. La génétique joue un rôle. C’est une des raisons pour lesquelles choisir une voie longue (7-8 jours) est si important : elle laisse le temps à tous les profils de s’adapter.

Prévenir immédiatement le guide. Ne pas cacher les symptômes. Boire davantage, manger si possible, se reposer. Si les symptômes s’aggravent après le repos (ataxie, confusion, essoufflement au repos), la seule réponse est la descente immédiate. Le guide prendra la décision s’il estime que c’est nécessaire : faites-lui confiance !

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