Partir en Tanzanie : tout savoir avant de partir
La Tanzanie est un pays qui demande évidemment un peu de préparation. Pas parce qu’il est compliqué ou difficile d’accès mais parce qu’il y a des choses qu’on ne peut pas improviser sur place : le visa, le traitement antipaludéen, l’assurance avec évacuation médicale, quelques billets de dollars récents dans la poche.
Des détails qui, bien préparés, disparaissent complètement du voyage. Mal préparés, ils peuvent gâcher une journée entière.
Ce guide rassemble tout ce qu’on aurait aimé savoir avant de partir la première fois. Pas les généralités qu’on trouve partout ; les détails concrets, les pièges réels, les conseils qui viennent du terrain.
La Tanzanie en bref
Le visa : eVisa obligatoire, à faire avant de partir
C’est la première formalité à régler, et la bonne nouvelle c’est qu’elle est simple. La mauvaise nouvelle, c’est qu’on peut facilement se faire piéger par des sites frauduleux qui imitent le portail officiel.
Ce qu’il faut savoir
Le visa tanzanien est obligatoire pour les ressortissants français. Il s’obtient en ligne via le portail officiel du gouvernement tanzanien : eservices.immigration.go.tz — c’est la seule adresse à utiliser. Des dizaines de sites tiers reproduisent l’apparence du portail officiel pour facturer des frais supplémentaires (30 à 80 € de plus). Utilisez uniquement l’adresse officielle.
Ce qu’il faut préparer pour la demande
- Scan de la page d’identité de votre passeport (valide 6 mois après la date de retour)
- Photo d’identité numérique (format JPEG)
- Confirmation de réservation d’hébergement en Tanzanie
- Billet d’avion aller-retour ou confirmation de circuit
La question de la fièvre jaune
Des voyageurs en provenance de France directement ne sont pas obligés de présenter un certificat de vaccination contre la fièvre jaune. Mais si votre itinéraire comprend une escale de plus de 12 heures dans un pays à risque (Ethiopie, Kenya…), le certificat peut être demandé. Pour éviter toute complication, beaucoup de médecins recommandent de le faire de toute façon.
⚠ L’assurance obligatoire à Zanzibar : depuis 2024, une assurance gouvernementale spécifique à Zanzibar est exigée pour entrer sur l’île même si vous avez déjà votre propre assurance voyage. Elle se souscrit en ligne sur visitzanzibar.go.tz et coûte 45 USD. On peut aussi la prendre en même temps que le visa sur certaines plateformes. Ne pas l’oublier.
Le conseil des Voyageries : faites le visa dès que vous avez vos billets d’avion en main. Le délai de traitement peut varier, et certaines semaines chargées (vacances tanzaniennes, jours fériés) allongent les délais. On a connu des gens qui ont attendu 12 jours ouvrés, avec le visa qui arrive la veille du départ. Stressant.
Santé et vaccins : ce qu’il faut vraiment faire
C’est la section qui génère le plus de questions avant le départ, et la plus importante à ne pas négliger. Voici ce que les médecins recommandent aux voyageurs qui partent depuis la France.
Les vaccins à être à jour
Aucun vaccin n’est strictement obligatoire pour entrer en Tanzanie depuis la France (hors fièvre jaune dans certains cas). Mais les recommandations sont claires :
À mettre à jour avant le départ :
- Diphtérie-Tétanos-Poliomyélite (DTP) : vérifiez votre carnet de santé
- Rougeole-Oreillons-Rubéole (ROR) : une flambée de rougeole a touché Zanzibar ces dernières années
Recommandés pour tous les voyageurs :
- Hépatite A : 1 injection 15 jours avant le départ suffit
- Hépatite B : à prévoir si pas déjà fait
- Typhoïde : recommandée pour les séjours prolongés ou hors sentiers battus
À discuter avec le médecin selon votre profil :
- Méningite ACWY (surtout en saison sèche)
- Rage (si vous prévoyez des contacts avec des animaux sauvages : walking safari, Kilimandjaro)
- Fièvre jaune (si escale prolongée dans un pays à risque)
Le conseil des Voyageries : consultez un centre de vaccination internationale ou votre médecin traitant au moins 4 à 6 semaines avant le départ. Certains vaccins nécessitent plusieurs doses espacées.
Le paludisme : le sujet le plus sérieux
Le paludisme est présent en Tanzanie. Le risque n’est pas identique partout. Il est plus élevé en zone côtière (Dar es Salaam, Zanzibar) qu’en altitude dans les parcs du nord (Serengeti, Ngorongoro au-dessus de 1 500 m) mais il existe partout.
Ce qu’on recommande : une chimioprophylaxie (traitement préventif) prescrite par votre médecin. Les deux molécules les plus utilisées sont l’atovaquone-proguanil (Malarone® ou générique) et la doxycycline. La méfloquine (Lariam) est contre-indiquée en altitude donc à éviter si vous montez sur le Kilimandjaro.
La protection contre les moustiques reste essentielle même avec un traitement préventif : répulsif à base de DEET (50% minimum pour les tropiques) sur les zones découvertes, manches longues le soir, moustiquaire si le lodge n’en fournit pas.
Le paludisme à Zanzibar : le risque existe à Stone Town et partout sur l’île. Les zones hôtelières côtières sont régulièrement désinsectisées, mais ça ne dispense pas du traitement préventif. En 2025, un voyageur européen est décédé après un séjour à Zanzibar sans avoir pris de prophylaxie. Le paludisme ne pardonne pas la négligence.
Symptômes à surveiller après le retour : fièvre, maux de tête, courbatures dans les 2 mois suivant le retour = consultation médicale urgente, en mentionnant le séjour en zone impaludée.
L’eau et l’alimentation
L’eau du robinet n’est pas potable en Tanzanie. Uniquement de l’eau en bouteille ou bouillie. Les glaçons dans les restaurants des zones touristiques et les lodges sont généralement faits à partir d’eau purifiée, mais dans le doute, on évite.
Dans les parcs et les lodges, la nourriture est généralement préparée dans de bonnes conditions. Dans les marchés locaux et les petits restaurants de village, les règles habituelles s’appliquent : aliments bien cuits, fruits pelés, prudence avec les crudités.
L’assurance avec évacuation médicale : indispensable
Le système de santé tanzanien est limité dans les zones rurales et les parcs. En cas de problème grave, il faut souvent être évacué vers Nairobi ou Dar es Salaam, voire vers l’Europe. Un rapatriement sanitaire depuis la Tanzanie peut coûter 30 000 à 50 000 €.
Vérifiez que votre assurance voyage couvre :
- L’évacuation médicale d’urgence
- L’hospitalisation à l’étranger sans plafond trop bas
- Les activités à risque si vous faites le Kilimandjaro ou un walking safari
Les assurances carte bancaire premium (Visa Infinite, Mastercard World Elite) couvrent parfois l’évacuation médicale : vérifiez les conditions exactes avant de partir. Pour un voyage en Tanzanie, une assurance dédiée (Chapka, AXA, MAIF…) est souvent préférable.
Monnaie et argent : les bases pour ne pas se retrouver à sec
| Poste | Prix | Monnaie |
|---|---|---|
| Repas restaurant local | 5 000–15 000 TZS | TZS ou USD |
| Bouteille d’eau | 1 000–2 000 TZS | TZS |
| Taxi en ville (Arusha) | 5–15 USD | USD ou TZS |
| Droits d’entrée parc (Serengeti) | 82,60 USD / jour | USD (en ligne) |
| Pourboire guide / jour | 15–20 USD | Cash USD obligatoire |
| Visa eVisa | 50 USD | Carte en ligne |
| Assurance Zanzibar | 45 USD | Carte en ligne |
La monnaie : le shilling tanzanien (TZS). 1 € = environ 2 600 TZS, 1 USD = environ 2 300 TZS (taux approximatifs, à vérifier avant le départ).
Le dollar américain : c’est la deuxième monnaie réelle du pays, surtout pour les activités touristiques. Les lodges, les droits d’entrée des parcs, les excursions, les guides, tout se paye souvent en dollars. Prévoir des billets récents (post-2009 recommandés, les billets anciens sont souvent refusés) et en bon état (les billets froissés ou tachés peuvent être refusés).
Les distributeurs : présents dans les grandes villes (Arusha, Dar es Salaam, Stone Town, Nungwi) mais peuvent être hors service dans les zones reculées. Ne jamais entrer dans un parc ou dans le bush avec seulement une carte.
Les cartes bancaires : acceptées dans les lodges et hôtels moyen-haut de gamme, souvent refusées dans les petits restaurants, marchés et boutiques locales. Prévoir du cash en permanence.
Le conseil des Voyageries : emmenez entre 300 et 500 USD en liquide en plus de votre carte. Retirez à Arusha ou à Stone Town avant de partir dans les parcs ; une fois au Serengeti, il n’y a plus de distributeur à des heures à la ronde.
Les transports : comment on se déplace en Tanzanie ?
Les vols internationaux
Pas de vol direct Paris-Tanzanie. Les connexions se font principalement via :
- Ethiopian Airlines (Addis-Abeba) — souvent le meilleur rapport qualité-prix
- Turkish Airlines (Istanbul)
- Qatar Airways (Doha)
- Kenya Airways (Nairobi)
Les aéroports d’arrivée principaux : Kilimandjaro (JRO) pour le circuit nord safari, Zanzibar (ZNZ) pour l’île directement.
Durée de vol : 9h depuis Paris pour les escales courtes, jusqu’à 13h avec une longue correspondance.
Les vols domestiques : attention aux nouvelles restrictions
Information importante à jour : depuis 2025, la Commission européenne a inscrit certaines compagnies aériennes tanzaniennes sur sa liste noire. Les vols internationaux vers Zanzibar et Kilimandjaro ne sont pas concernés, mais les liaisons domestiques (entre Arusha, les parcs et Zanzibar) sont fortement restreintes. Vérifiez avec votre opérateur les options disponibles pour votre circuit ; certains prestataires ont adapté leurs itinéraires en conséquence.
Les transferts et routes
La conduite se fait à gauche en Tanzanie. Les routes principales (Arusha-Tarangire, Arusha-Moshi) sont asphaltées et praticables. Dans les parcs, ce sont des pistes — qui deviennent boueuses et difficiles en saison des pluies. Un 4×4 est obligatoire dans les parcs.
En ville : les taxis sont nombreux à Arusha, Dar es Salaam et Stone Town. Négociez le prix avant de monter. Les applications de VTC (Bolt, Uber) fonctionnent dans les grandes villes.
On ne conduit pas soi-même dans les parcs. Un guide-chauffeur est obligatoire et c’est vraiment mieux ainsi. Il connaît les pistes, les comportements des animaux, et son réseau radio avec les autres guides.
Décalage horaire et rythme de vie
La Tanzanie est en UTC+3 toute l’année (pas de changement d’heure).
- En été (France heure d’été) : +2h par rapport à Paris
- En hiver (France heure d’hiver) : +3h par rapport à Paris
Le décalage est faible — la plupart des voyageurs s’adaptent sans difficulté dès le premier ou deuxième jour. Ce qui perturbe davantage le rythme, c’est le lever à 5h30 du matin pour les game drives. Le corps s’y fait vite mais il faut accepter de dormir tôt les premiers jours.
Le rythme d’un safari : réveil 5h30 → game drive matin (6h-9h30) → retour au lodge → petit-déjeuner, sieste, déjeuner → game drive soir (16h-18h30) → dîner → coucher tôt. C’est intense et épuisant les premiers jours. Et puis on s’y fait, et on ne voudrait plus vivre autrement.
Sécurité : l’état réel des choses
La Tanzanie est un pays relativement sûr pour les touristes. Les zones visitées par les voyageurs (Arusha, les parcs du nord, Zanzibar) sont globalement sans risque majeur. Quelques précautions de bon sens suffisent.
Ce qui est réel :
- Vols à la tire et pickpockets dans les zones touristiques (marchés de Stone Town, abords des parcs)
- Arnaques aux vendeurs et aux guides spontanés dans les villes ; rien de violent, juste épuisant
- Attention aux faux billets et aux échanges de monnaie informels
Ce qui est exagéré :
- La réputation d’insécurité générale : elle ne correspond pas à la réalité des zones touristiques
- Le risque d’agression dans les lodges et les parcs : quasi nul
Les zones déconseillées : le Ministère des Affaires étrangères français déconseille les zones frontalières (frontière avec le Burundi, le Rwanda, la RDC, le Mozambique). Ce sont des zones qui ne font pas partie des circuits touristiques classiques.
À Zanzibar : l’île est très sûre. Les précautions habituelles; ne pas exhiber des objets de valeur, éviter de marcher seul la nuit dans les ruelles sombres de Stone Town suffisent.
Le conseil des Voyageries : consultez toujours la page Tanzanie du site diplomatie.gouv.fr avant le départ pour avoir les informations les plus récentes du Ministère des Affaires étrangères français.
Les codes culturels à connaître
La Tanzanie est un pays où le respect des codes locaux s’impose naturellement ; pas par obligation, mais parce que c’est la base d’une relation correcte avec les habitants.
Le swahili de base
Quelques mots font une vraie différence. Jambo (bonjour), Asante (merci), Habari (comment ça va ?), Karibu (bienvenue). Les guides et le personnel des lodges apprécient sincèrement l’effort.
(salut universel)
répondre : Nzuri (bien)
aussi : « vous êtes les bienvenus »
Asante sana = merci beaucoup
mot d’origine arabe
mantra du Kilimandjaro
Maji baridi = eau froide
La tenue vestimentaire
Hors des plages et des zones de resort, des tenues couvrantes (épaules et genoux couverts) sont de mise. C’est particulièrement important à Stone Town et dans les villages de Zanzibar, population majoritairement musulmane. Dans les parcs, les couleurs ternes (kaki, beige, gris) sont recommandées : pas pour le camouflage, mais pour le confort dans la chaleur et la poussière.
La photo
Demander l’autorisation avant de photographier des personnes, en particulier chez les Maasaï. Certains demandent une petite rémunération en échange, c’est acceptable et souvent clairement indiqué.
Le Ramadan à Zanzibar
Si vous visitez l’île pendant le Ramadan, évitez de manger ou boire en public dans les zones non-touristiques pendant la journée. C’est une marque de respect élémentaire.
Les pourboires
Partie intégrante du fonctionnement économique du secteur touristique. Guide : 15-20 USD/jour. Personnel de lodge : 5 USD/personne/jour. Porteurs du Kilimandjaro : selon la durée et l’effort fourni.
Les sacs plastique sont interdits en Tanzanie
Depuis 2019, leur importation et utilisation sont prohibées. Ne prenez pas de sacs plastique dans vos bagages, à l’entrée du pays, ils peuvent être confisqués.
Climat et meilleure période
La Tanzanie a deux grandes saisons :
Saison sèche (juin-octobre) : c’est la période idéale pour le safari : végétation basse, animaux concentrés autour des points d’eau, Grande Migration dans le nord du Serengeti. Températures agréables le jour (25-28°C), froides la nuit en altitude (10-15°C au Ngorongoro, sous les 10°C sur le Kilimandjaro).
Saison des pluies :
- Courtes pluies (octobre-décembre) : averses généralement courtes, paysages verts, peu de touristes
- Grandes pluies (mars-mai) : averses quotidiennes et durables, pistes parfois impraticables, certains lodges ferment. À éviter pour un premier safari.
Pour Zanzibar : les saisons sont similaires mais le nord de l’île (Nungwi, Kendwa) est moins affecté par les marées que la côte est. Juin-octobre reste la meilleure période.
générale
parcs nord
Migration
sances
sances
meti
★
★★
★
plages
et prix
→ Voir notre guide complet sur la Grande Migration
→ Voir nos guides sur chaque parc pour les meilleures périodes !
La checklist avant de partir
L’avis des Voyageries : ce qu’on aurait voulu savoir
La première fois qu’on est parti en Tanzanie, on avait sous-estimé deux choses.
La première : le froid des matins de safari. On avait des t-shirts et des shorts, parce qu’on imaginait l’Afrique et la chaleur. La réalité à 6h du matin au bord du cratère du Ngorongoro, à 2 400 mètres, avec le vent qui remonte les herbes ; c’est 8°C. Un collègue avait une doudoune. On a eu froid.
La deuxième : l’importance des dollars en liquide. On pensait pouvoir se débrouiller avec la carte. Et puis on est arrivés dans un lodge où le terminal ne fonctionnait pas, dans une boutique de Forodhani qui ne prenait que du cash, dans un marché aux épices sans distributeur à 40 km à la ronde. On s’en est sortis, mais de justesse.
Ce guide existe pour que vous n’ayez pas ces moments-là. Tout le reste ; la poussière, le lever à 5h30, le vol de correspondance raté à Addis-Abeba, fait partie du voyage. Les bonnes choses aussi.
