Que faire à Sidemen (Bali) ? Guide de la vallée des rizières
Il y a vingt ans, Ubud ressemblait sans doute à ça. Une vallée de rizières en terrasses, des villages où l’on tisse encore à la main, des temples perchés sur les collines, et le mont Agung, le volcan sacré de Bali, qui se découpe au-dessus de tout ça le matin avant que les nuages ne s’installent. Sidemen, c’est l’Est de Bali tel que beaucoup de voyageurs l’imaginent avant d’arriver, sans les embouteillages ni les boutiques de souvenirs. Voici ce qu’on y fait, où dormir, combien de temps rester, et s’il faut vraiment le préférer à Ubud.
Les prix de cet article sont en roupies indonésiennes (IDR). En septembre 2026, 1 € valait environ 20 400 IDR : 100 000 IDR font donc à peu près 5 €.
Sidemen, c’est où ?
Sidemen est une vallée de l’Est de Bali, dans la région de Karangasem, à environ 35 km d’Ubud et une soixantaine de kilomètres de l’aéroport. Plus qu’un village, c’est un chapelet de hameaux posés le long d’une route qui serpente entre les rizières, avec le mont Agung au nord. Sa position en fait aussi un excellent camp de base pour visiter tout l’Est de l’île, des temples de Besakih et Lempuyang aux plages d’Amed.
Sidemen ou Ubud : lequel choisir ?
C’est la question que tout le monde se pose, et la réponse est souvent : les deux, mais pas pour les mêmes raisons. Ubud reste le cœur culturel de Bali, avec ses cours de danse, ses galeries, ses cafés et sa vie du soir. Sidemen, c’est l’inverse : pas grand-chose à faire le soir, mais des rizières sans foule et une atmosphère villageoise qu’Ubud a en grande partie perdue.
Si vous devez choisir, prenez Ubud pour un premier voyage court, et Sidemen si vous avez déjà vu Ubud ou si vous cherchez surtout le calme. Le mieux reste de combiner les deux : commencez par quelques jours à Ubud, puis filez vers l’Est pour ralentir.
Que faire à Sidemen ?
Sidemen ne se « visite » pas vraiment : il n’y a pas de grand monument ni de site incontournable à cocher. On y vient pour marcher, regarder, manger avec vue et se lever tôt. Voici ce qui remplit bien deux journées.
Marcher dans les rizières
C’est l’activité principale, et la plus belle. Des petits sentiers longent les canaux d’irrigation entre les terrasses, traversent des hameaux et des cocoteraies, et offrent des vues sur l’Agung à chaque virage. On peut se promener seul sur les chemins les plus évidents, mais le réseau de sentiers est un vrai labyrinthe : la plupart des hébergements proposent une balade avec un guide du village, de deux à quatre heures, souvent pour quelques centaines de milliers de roupies. C’est aussi le meilleur moyen de comprendre le subak, le système d’irrigation collectif des rizières balinaises, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.

Partez tôt : entre 6 h 30 et 9 h, la lumière est douce, il fait encore frais, et c’est le moment où le volcan a le plus de chances d’être dégagé.
Monter au temple Pura Bukit Sangkan Gunung
Ce temple perché sur une colline au-dessus de la vallée est l’un des meilleurs points de vue de Sidemen. Il faut grimper quelques centaines de marches, mais la vue sur les rizières et sur le mont Agung, au lever du soleil, vaut largement l’effort. Comme dans tous les temples balinais, une tenue couvrant les jambes est demandée : un sarong est généralement prêté ou loué sur place.

Voir le tissage traditionnel
Sidemen est connu à Bali pour ses tissus : le songket, brodé de fils dorés ou argentés, et l’endek, l’ikat balinais, dont les fils sont teints avant d’être tissés. Plusieurs ateliers au bord de la route principale laissent voir les tisserandes travailler sur des métiers en bois, et vendent leurs pièces. Un vrai songket demande des semaines de travail : les prix s’en ressentent, et c’est normal.
Faire du rafting sur la rivière Telaga Waja
La Telaga Waja, qui coule juste à côté de la vallée, est l’une des deux grandes rivières de rafting de Bali, plus sauvage et plus sportive que l’Ayung, près d’Ubud. Comptez environ 2 h 30 à 3 h sur l’eau pour une quinzaine de kilomètres, et à partir d’environ 270 000 IDR par personne sans transfert, autour de 400 000 IDR avec prise en charge à l’hôtel.
Prendre un cours de cuisine balinaise
Plusieurs familles et hébergements proposent des cours de cuisine, souvent avec un passage au marché ou au jardin avant de passer aux fourneaux : sambal, satay, légumes au lait de coco, gâteaux de riz. Les prix tournent autour de 400 000 à 500 000 IDR par personne, repas compris.
Le marché du matin et les warungs avec vue
Le marché de Sidemen s’anime très tôt le matin, avant que la chaleur n’arrive : fruits, offrandes, épices, poissons, et presque aucun touriste. Pour le reste de la journée, la vallée compte quelques warungs en bord de rizières, où l’on mange un nasi campur ou un mie goreng face aux terrasses, pour quelques euros.
Les excursions dans l’Est de Bali depuis Sidemen
C’est l’autre grand intérêt de Sidemen : la vallée est à moins d’une heure de la plupart des sites de l’Est. Avec un chauffeur à la journée, on en enchaîne facilement deux ou trois. Les prix d’entrée ci-dessous sont ceux de 2026 pour les visiteurs étrangers.
- Pura Besakih (40 min, 150 000 IDR) : le « temple mère » de Bali, le plus grand et le plus sacré de l’île, étagé sur les flancs de l’Agung. Des « guides » insistants attendent parfois à l’entrée : la visite peut se faire sans eux, à condition de respecter les zones réservées aux fidèles.
- Cascade de Tukad Cepung (40 min, 35 000 IDR) : une cascade qui tombe à l’intérieur d’une grotte, célèbre pour ses rayons de lumière en milieu de matinée. Très fréquentée : arrivez à l’ouverture.
- Pura Lempuyang (1 h à 1 h 15, 150 000 IDR navette comprise) : les fameuses « portes du paradis » avec l’Agung en arrière-plan. La photo (et son faux reflet obtenu avec un miroir) fait parfois attendre plus d’une heure. Le reste du temple, plus haut, est bien plus calme.
- Tirta Gangga (45 min à 1 h, 90 000 IDR) : l’ancien palais d’eau du roi de Karangasem, ses bassins, ses statues et ses pas japonais au-dessus des carpes.
- Amed (1 h 15 à 1 h 30) : un chapelet de villages de pêcheurs sur la côte, connu pour le snorkeling et l’épave du Liberty à Tulamben, juste à côté.
- Padangbai (40 min) : le port d’où partent les ferries et les bateaux rapides vers Lombok et les îles Gili. Sidemen fait une très bonne dernière étape avant de quitter Bali par la mer.

Et l’ascension du mont Agung ?
Le mont Agung, un peu plus de 3 000 mètres, est le point culminant et le volcan le plus sacré de Bali. Depuis Sidemen, le départ sud, au temple de Pasar Agung, est à une trentaine de minutes de route : on part vers 1 h ou 2 h du matin pour atteindre le bord du cratère au lever du soleil, après 3 à 4 heures de montée raide. C’est une vraie randonnée de montagne, à faire uniquement avec un guide local.
Attention, l’ascension est régulièrement fermée pour les cérémonies religieuses, comme du 28 mars au 24 avril 2026, ou quand l’activité du volcan l’exige. Renseignez-vous avant de caler votre séjour dessus.
Combien de jours rester à Sidemen ?
Deux nuits permettent de profiter de la vallée sans courir. Trois nuits, si vous voulez ajouter une journée d’excursions dans l’Est ou l’ascension de l’Agung. Voici une idée de programme sur deux jours.
Où dormir à Sidemen ?
La vallée s’est beaucoup équipée ces dernières années, et il y en a désormais pour tous les budgets. Le critère qui compte le plus, c’est la vue : prenez un logement orienté vers les rizières et, si possible, vers l’Agung. Trois grandes gammes :
- Guesthouse ou homestay : environ 250 000 à 500 000 IDR la nuit (12 à 25 €), petit déjeuner compris, souvent tenus par des familles du village qui organisent aussi les balades.
- Bungalow dans les rizières : environ 600 000 à 1 500 000 IDR (30 à 75 €), souvent avec terrasse et piscine partagée face aux terrasses.
- Villa avec piscine privée : environ 2 000 000 à 5 000 000 IDR (100 à 250 €), pour les séjours plus confortables. Le Wapa di Ume Sidemen fait partie des adresses les plus souvent citées dans cette gamme.
Un conseil : vérifiez la distance à la route principale. Certaines adresses sont au bout de chemins étroits et raides, pas toujours évidents de nuit ou en scooter.
Quand partir à Sidemen ?
La meilleure période va d’avril à octobre, pendant la saison sèche, comme pour le reste de Bali. Les rizières changent de couleur au fil des cultures : vertes quand le riz pousse, dorées avant la récolte, en eau au moment de la plantation. Il n’y a donc pas un mois « parfait » pour les photos, chaque période a son charme.
De novembre à mars, la saison des pluies apporte des averses fortes mais souvent brèves, surtout l’après-midi, et le volcan reste plus souvent caché. Sidemen se visite quand même : organisez vos balades le matin et gardez l’après-midi pour les activités à l’abri. Pour comparer avec les autres régions de l’île, notre article sur les différentes régions de Bali fait le tour.
Comment aller à Sidemen ?
Il n’y a pas de transport public pratique jusqu’à Sidemen. Trois solutions :
- Transfert privé : la plus simple. Comptez environ 400 000 à 700 000 IDR (20 à 35 €) depuis l’aéroport ou le sud de Bali, un peu moins depuis Ubud. La plupart des hébergements peuvent l’organiser.
- Chauffeur à la journée : pratique si vous voulez faire des arrêts en route ou enchaîner avec des excursions dans l’Est. Prévoyez environ 600 000 à 800 000 IDR pour une journée de 8 à 10 heures.
- Scooter : environ 70 000 à 100 000 IDR par jour. Idéal sur place pour circuler dans la vallée, mais réservé aux conducteurs à l’aise : routes étroites, virages serrés et pentes fortes.
Pour le reste des préparatifs, dont la taxe touristique de 150 000 IDR demandée à l’entrée de Bali, tout est dans notre kit pour préparer l’Indonésie.
L’avis des Voyageries sur Sidemen
Sidemen vaut le détour si vous avez déjà eu votre dose d’Ubud, ou si vous voulez voir un Bali plus rural, plus lent, plus proche de ce qu’on imagine avant de partir. Ce n’est pas l’endroit pour une vie nocturne ni pour enchaîner les sites en une journée : c’est un endroit pour se lever avec le jour, marcher, et regarder le volcan sortir des nuages.
Soyons honnêtes aussi : la vallée change vite. Les villas se multiplient sur les crêtes, et certains points de vue commencent à attirer les groupes. Raison de plus pour y aller maintenant, en choisissant une adresse tenue par des gens du village.
→ Intégrer Sidemen à un itinéraire en Indonésie
→ Nusa Penida, l’autre visage de Bali
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