Siquijor : l’île mystérieuse, mythe et réalité
Siquijor a une réputation qui précède les voyageurs bien avant qu’ils y arrivent. L’île ensorcelée des Philippines. L’île des sorciers. L’endroit où les Philippins eux-mêmes n’allaient pas par superstition, où les guérisseurs de montagne préparent des potions à la Semaine Sainte selon des rituels vieux de plusieurs siècles.
Tout ça est vrai, et tout ça est aussi, en grande partie, une façon romantique de parler d’une île qui est avant tout calme, verte, peu fréquentée, avec des cascades turquoise, des plages quasi désertes, et une atmosphère qui tranche avec l’animation d’El Nido ou de Siargao.
Le mythe de Siquijor est réel. L’île elle-même est différente de ce que le mythe promet, et souvent meilleure.
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Le mythe de Siquijor : ce qu’il y a de vrai
Les guérisseurs traditionnels (mananambal)
Il y a réellement à Siquijor des guérisseurs traditionnels, appelés mananambal ou babaylan, qui pratiquent une médecine à base de plantes, de rituels et de prières transmis de génération en génération. Ils existent, ils consultent, et ils sont respectés dans leur communauté.
La Semaine Sainte (semaine précédant Pâques) est le moment où ces guérisseurs se retrouvent traditionnellement dans les montagnes pour préparer leurs remèdes les plus puissants ; en particulier dans la région de San Antonio. Des voyageurs curieux font parfois le déplacement pour observer, avec beaucoup de discrétion et de respect.
Ce qui est exagéré : l’image d’une île gouvernée par des forces obscures que les autres Philippins fuiraient. La majorité des habitants de Siquijor sont des catholiques pratiquants comme le reste des Visayas. La réputation de sorcellerie est ancienne, entretenue, et appartient autant au folklore touristique qu’à la réalité culturelle.
L’énergie particulière de l’île
Difficile à quantifier, mais réelle dans les témoignages. Siquijor a quelque chose de différent dans son atmosphère : une lenteur, une densité verte, une façon qu’ont les forêts de l’intérieur de sembler impénétrables même quand on longe simplement la route principale. Ce n’est pas de la magie ; c’est une île peu développée, avec une végétation intacte et une vie locale qui n’a pas été entièrement restructurée autour du tourisme.

Que faire à Siquijor ?
Les cascades : la vraie raison de venir
Siquijor est une île volcanique et montagneuse. Le réseau hydrographique créé par les précipitations et le relief donne des cascades parmi les plus belles des Visayas.
Cambugahay Falls est la plus connue et la plus accessible, à 10 minutes de scooter depuis San Juan. L’eau est d’un turquoise presque artificiel, les bassins successifs permettent de nager, et des lianes sont suspendues au-dessus des bassins pour ceux qui veulent sauter à la Tarzan. C’est photogénique, accessible à tous, et agréable même si on n’est pas seul.
Le conseil des Voyageries : y arriver tôt le matin (avant 8h) ou en fin d’après-midi quand les visiteurs commencent à repartir. En milieu de journée, l’affluence change l’ambiance.
Lugnason Falls (Zodiac Falls) est une succession de 12 petites cascades dans la forêt, moins connue, avec un guide local qui accompagne les visiteurs ; les bénéfices vont directement à la communauté. Plus authentique que Cambugahay, moins photogénique. Attention : le débit varie selon la saison et l’utilisation de l’eau par les agriculteurs locaux ; vérifier avant d’y aller.
Lagaan Falls est la cascade la plus isolée et la moins visitée. Plus difficile à trouver, mais l’isolement en vaut la peine pour ceux qui cherchent à éviter toute foule.

Les plages : belles et peu fréquentées
Siquijor n’est pas une destination de plage au sens d’El Nido ou de Panglao. Les plages sont jolies, peu fréquentées, et souvent un peu cachées, accessibles en scooter après quelques minutes de piste.
Paliton Beach est la plus belle de l’île, peut-être une des plus belles des Visayas. Siquijor est souvent recommandée pour admirer le lever du soleil sur la plage de Paliton pour une tranquillité absolue. Longue, couverte de palmiers, orientée ouest pour des couchers de soleil spectaculaires. En semaine, quasi déserte. Des stands de nourriture locale s’installent en soirée.
Salagdoong Beach a la particularité d’être équipée de plongeoirs en bois construits en hauteur sur la falaise. On monte, on saute dans la mer. Pas pour tout le monde, mais ceux qui le font en parlent longtemps.
Tubod Marine Sanctuary est une plage avec un sanctuaire marin protégé en accès payant (25 PHP pour se baigner, 50 PHP pour snorkeler). Les coraux sont en bon état, la vie marine est visible depuis la surface.

Le tour de l’île en scooter
C’est l’activité qui résume le mieux ce qu’est Siquijor. La route principale fait le tour de l’île en environ 70 kilomètres, en scooter, on en fait le tour dans une journée avec des arrêts. Peu de trafic, des routes en bon état, des paysages qui alternent entre mer, jungle et villages.
Les points d’intérêt sur le circuit : l’ancienne église de Lazi (classée monument historique, construite en 1884, une des plus anciennes des Philippines), le couvent de Lazi (le plus grand couvent d’Asie du Sud-Est selon la tradition locale), le banyier centenaire de San Juan (un arbre immense entouré de légendes locales), et les villages de pêcheurs de la côte est qui donnent l’impression d’être hors du temps.
Location de scooter : 300 à 400 PHP par jour à San Juan.
Candaraman Island et les autres
Candaraman est une île avec une plage de sable blanc cerclée d’une eau vert émeraude peu profonde. Le snorkeling autour du récif est excellent. Moins connue qu’Onok, elle est souvent incluse dans les circuits de 4-5 jours.
Secam Island, Melville Island, Comiran Island font partie des autres îles qui composent les itinéraires ; chacune avec sa propre personnalité, peu ou pas visitées, et accessibles uniquement si les conditions météo et les horaires de marée le permettent.

La plongée et le snorkeling
Siquijor est souvent oublié dans les circuits plongée des Visayas, à tort. Les récifs autour de l’île sont en bon état grâce à la faible pression touristique. Le sanctuaire marin de Tubod est accessible depuis la plage. Et Apo Island – la référence des Visayas pour les tortues – est accessible depuis Siquijor en excursion journée (40 à 60 minutes de bangka depuis la côte est).
Les centres de plongée à San Juan proposent des sorties quotidiennes. Moins cher qu’à Bohol ou Cebu pour des fonds similaires.
Comment rejoindre Siquijor ?
Siquijor n’a pas d’aéroport. L’accès se fait obligatoirement par ferry.
Depuis Dumaguete (Negros Oriental) : l’option la plus simple. Ferry en 1 heure depuis le port de Dumaguete jusqu’à Siquijor Town ou Larena. Plusieurs départs par jour. Prix : 200 à 300 PHP.
Depuis Cebu City : ferry direct en 5 heures environ, avec OceanJet. Option pratique si Siquijor est la première étape depuis Cebu.
Depuis Tagbilaran (Bohol) : ferry en 2 à 3 heures. Idéal si Siquijor suit ou précède Bohol dans l’itinéraire.
La façon la plus courante d’intégrer Siquijor dans un circuit Visayas : Cebu → Dumaguete → Siquijor → retour Dumaguete → Bohol ou dans l’ordre inverse. Dumaguete est le hub naturel : c’est aussi la ville de départ pour Apo Island.
Comment se déplacer sur Siquijor ?
Le scooter est la seule vraie façon d’explorer Siquijor. Peu de transports en commun, routes peu fréquentées, distances qui ne se font pas à pied. La location à San Juan (le village principal, côté ouest) est simple et peu chère : 300 à 400 PHP la journée.
Les tricycles couvrent les trajets courts autour de San Juan et de la ville de Siquijor.
Où dormir à Siquijor ?
La majorité des hébergements se concentrent à San Juan, sur la côte ouest ; c’est là qu’on trouve le plus d’options pour tous les budgets, les meilleurs restaurants, et l’accès le plus pratique aux cascades et plages principales.
Budget (400-800 PHP/nuit) : guesthouses simples autour de San Juan. Propre, fonctionnel.
Mid-range (800-2 500 PHP/nuit) : boutique guesthouses et petits resorts, certains avec vue mer. L’écart qualité/prix avec Siargao ou El Nido est important en faveur de Siquijor : ce qu’on paie 2 000 PHP ici vaut souvent 4 000 PHP ailleurs.
Ce qu’on recommande : loger légèrement en retrait de la plage principale pour moins de bruit la nuit, mais à scooter de San Juan pour garder l’accès à tout.
Quand partir à Siquijor ?
générale
débit & accès
& Apo Island
et prix
Combien de temps rester à Siquijor ?
2 nuits / 3 jours : le minimum pour voir l’essentiel ; le tour de l’île en scooter, Cambugahay Falls, Paliton Beach.
3 nuits / 4 jours : le format idéal. Une journée excursion Apo Island, une journée cascade en forêt, une journée libre. Le rythme de Siquijor récompense ceux qui lui donnent du temps.
L’avis des Voyageries sur Siquijor
Siquijor est l’île qu’on recommande à deux types de voyageurs très différents : ceux qui ont déjà fait les destinations « principales » des Philippines et cherchent quelque chose de plus discret, et ceux qui sont à leur premier voyage et veulent éviter les spots saturés.
Le mythe de la sorcellerie est une bonne entrée en matière : il donne à l’île une identité narrative forte, mais ce n’est pas ce qui reste après le voyage. Ce qui reste, c’est la lumière du soir sur Paliton Beach, l’eau turquoise de Cambugahay un mardi matin sans personne, et la route de la côte est en scooter avec les filets de pêche qui sèchent devant les maisons.
Ce n’est pas spectaculaire. C’est mieux que ça.
→ Voir notre guide Bohol – Chocolate Hills, tarsiers, plages
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